VIRELLES

Virelles : immersion en milieu castor

-© EdA
La première édition du «Printemps des castors» a eu lieu ce week-end. Une quarantaine de personnes ont visité l'habitat du rongeur à Virelles.

9h30 samedi à Virelles. Une dizaine de personnes, pagaies à la main, se dirigent vers l'étang où les attend un canoë. Objectif : atteindre la berge opposée, au Ry Nicolas, pour découvrir l'habitat du plus grand rongeur d'Europe. Le «Printemps des castors» peut commencer ! L'opération, organisée dans sept pays européens, a été initiée par Samuel Dubie, à qui l'on doit notamment «La nuit européenne de la chauve-souris», et par la SFEPM - Société française d'Étude et de Protection des Mammifères.

Virelles, dont on sait qu'il existe une population de castors sur le site, a immédiatement adhéré au projet. Sous la responsabilité de Sébastien Pierret, en charge de la gestion de la réserve naturelle, une quarantaine de passionnés et de curieux ont pu découvrir le milieu de vie du castor tout au long du week-end. Durant une balade de trois heures, le public a également pu admirer les différentes particularités de la réserve, l'une des plus remarquables en Wallonie.

Longtemps persécuté, aujourd'hui protégéAnciennement, le bièvre - antique nom du castor - était chassé pour sa viande, son pelage et son castoreum. Ce dernier, une sécrétion produite par deux glandes dont on a longtemps cru qu'il s'agissait de testicules et qui par conséquent a valu la transformation du nom bièvre en castor (du latin castré ), contenait de l'acide acétylsalicylique très recherché en pharmacopée.

Abondant chez nous, le castor a presque disparu il y a une centaine d'années. Diverses campagnes de protection de l'espèce se sont mises en place, notamment en France. En Wallonie, toutes les demandes de réintroduction de bièvres ont essuyé des refus jusque fin des années 90 où des lâchers plus ou moins illégaux ont eu lieu. On pense que ce fût le cas à Virelles car des traces de castor ont été retrouvées sur le site en 2000, sans en connaître le nombre exact. On peut supposer qu'au minimum, un couple a été introduit, auxquels est venu s'ajouter un castor, trouvé à Bruxelles et qui a été relâché l'an dernier. En 2003, 64 sites abritant des castors ont été répertoriés en Wallonie; on présume qu'aujourd'hui, ils sont une centaine.

Des traces indiscutablesMême s'il a été rarement aperçu, le castor est bien établi à Virelles. Sébastien Pierret s'est attaché à montrer au public tous les indices de sa présence. Chenaux, terrier, bois écorcés... le travail de ce rongeur est impressionnant. Bien que moins bâtisseur que son cousin américain, la construction de sa hutte, qui atteint plusieurs mètres, démontre que le castor est un formidable architecte.

Il n'hésite d'ailleurs pas à entreprendre plusieurs chantiers à la fois. Tout le monde a été ébahi samedi d'observer les arbres rongés de diverses manières. La taille en sablier, en gueule de requin, en sifflet, n'a plus de secret désormais. Un moment inoubliable pour tous, qui va se prolonger à Virelles chaque 4e samedi du mois, d'avril à septembre, avec l'animation «Sur la piste des castors».

Informations et réservations à l'Aquascope (060211363).