GEMBLOUX

Pas de consensus sur le cadre éolien

À Gembloux, la définition d'un cadre de référence éolien avance, mais on reste loin d'un consensus. Certains critères posent problème.

Faut-il autoriser l'implantation d'éoliennes à plus de 500 m de la première habitation? Faut-il au contraire prévoir une marge de sécurité plus importante, en fixant une distance minimale de 1 000, voire de 1500 m? C'est le genre de question qui se pose au sein de la commission pluraliste chargée d'élaborer le cadre de référence éolien pour Gembloux.

La question n'est pas anodine. Selon que l'on fixe le curseur plus ou moins haut, on se donne des chances ou non d'accepter un nouveau projet éolien sur son territoire.

Et c'est bien là que le bât blesse. Chacun, autour de la table, n'a pas les mêmes envies, ni le même degré d'acceptation. La fracture qui divise pro et anti-éoliens nourrit forcément les débats.

Le point ne figure pas encore à l'ordre du jour du conseil communal de ce mercredi soir, mais la commission a prévu de se réunir pour la troisième fois ce mardi. La réunion s'annonce décisive, c'est là qu'on verra si le consensus est ou non possible.

Douze critères ont été fixés. Ces balises devront être débattues. «On va essayer de tomber d'accord, glisse Éric Van Poelvoorde. Mais je perçois des difficultés. Déjà, certains en commission s'opposent purement et simplement à l'éolien, estimant que ce n'est pas une bonne source d'énergie, que d'autres valent mieux comme le nucléaire. J'ai un peu de mal à suivre» .

Pendant les deux premières réunions, les membres de la commission ont rassemblé la littérature sur le sujet : des études sur l'impact éventuel sur la santé, sur le phénomène des infrasons et plus globalement du bruit, sur l'impact paysager, la biodiversité...

Chacun a été invité à prendre du recul par rapport aux projets existants, à développer une vision à court, moyen et long terme. «J'espère que nous arriverons à une position qui ne soit pas une espèce de consensus mou, mais une position politique affirmée et indépendante, se risque Éric Van Poelvoorde. Et surtout qui repose sur une base scientifique avérée, sinon on risque de faire rire de nous» .

Le défi est assez simple lorsqu'on aborde les niveaux sonores tolérables. Des normes existent, elles peuvent être appliquées. Les effets stroboscopiques sont aussi bien étudiés et maîtrisés. L'écartement par rapport aux zones d'intérêt biologique, en particulier les refuges ornithologiques, ne paraît pas insurmontable à déterminer.

Impact paysager

Plus complexe, par contre : la prise en compte d'un critère d'intégration dans un paysage donné. Difficile d'échapper à une certaine subjectivité. L'échevin Van Poelvoorde ne désespère pas d'y arriver : «il y a un protocole accepté par tous, qui fixe des degrés d'ouverture dans les paysages, explique-t-il. Il faut tenir compte des avant-plans, moyens et arrière-plans ».

Éric Van Poelvoorde veut y coupler une approche de terrain. Il existe à présent une cartographie sur support numérique. «Nous allons faire appel à des volontaires pour se balader dans les villages, déterminer des périmètres de points de vue ou d'intérêt payasager. On intégrera ces observations dans le schéma de structure» .

Pourtant, au sein de la commission, tout le monde ne partage pas son bel enthousiasme. Le conseiller Beffroi Jacques Rousseau a même claqué la porte lors de la dernière réunion. On ne le reverra plus. «Aucune de nos remarques n'est vraiment prise en compte par l'échevin, déplore-t-il. Il s'en tient à ses idées et ne veut pas en démordre» . Plutôt que de se rendre complice d'un document dont il n'approuverait pas le fond, il préfère se retirer et annonce qu'il ne l'approuvera devant le conseil communal. Une sortie qui semble sonner le glas d'une initiative qui se voulait consensuelle.