WATERLOO

Les «Monuments napoléoniens» s'insurgent

-© napoleon-monuments.eu
Baisy-Thy n'est pas loin de Waterloo et le sort possible de sa ferme des Quatre Bras préoccupe fortement l'Association de conservation des monuments napoléoniens, qui s'insurge contre la démolition possible d'un «vestige et témoin important de la campagne de Waterloo de 1815.» L'un des animateurs belges de l'association, Dominique Timmermans rappelle que «cette ferme historique de la fin du XVIIIe siècle est le dernier élément encore existant de ce hameau et également le témoin direct des combats du 16 juin 1815 entre les troupes du maréchal Ney et celles du duc de Wellington, prélude à la bataille de Waterloo. La ferme servit également d'hôpital après les combats.» Pour l'association, «il est encore temps d'intervenir pour arrêter la destruction et demander une nouvelle affectation à ces bâtiments laissés à l'abandon depuis trop longtemps. Un classement, même partiel, des bâtiments du XVIIIe permettrait d'éviter une répétition de ces demandes de destruction et cette perte pour notre patrimoine. Malgré l'arrêté du bourgmestre (daté du 18 octobre), les propriétaires n'ont rien fait pour bâcher à nouveau la grange après la tempête d'août dernier, ce qui a entraîné une dégradation encore plus importante.» Et d'énumérer une série de griefs contre le projet actuel...

1. Le doute persiste sur la présence d'une probable citerne de gaz de grande capacité alimentant le chauffage de la résidence d'une centaine d'habitants (ce motif avait entraîné le refus du premier projet en 2008).

2. Un seul parking extérieur (au lieu de trois précédemment), nettement insuffisant, de 85 places, pour six commerces, deux zones de bureaux et une centaine d'habitants des logements, va générer des nuisances importantes et sans doute, du parking sauvage dans le quartier.

3. Les eaux pluviales seront déversées dans un bassin d'orage perméable avec un inévitable reflux vers le lotissement «1815» voisin et un risque permanent d'inondation dans cette zone en contrebas du site.

4. Les eaux usées iront à la station d'épuration de Villers-la-Ville (qui est loin d'être construite), au travers d'un collecteur sous la chaussée de Namur, avec en conséquence d'importantes nuisances olfactives, pendant une longue période transitoire.

5. Tous les éléments historiques seront détruits : le pignon de la grange, les anciennes écuries, la cour pavée...

Et d'ajouter que «ce projet de démolition et de construction d'un complexe neuf va à l'encontre des efforts de valorisation et de réhabilitation de nos monuments historiques, d'intérêt culturel majeur, avec l'attrait touristique fort important qu'ils drainent vers nos régions.»

D. F.