TOURNAI/ANTOING

Un siècle et une famille

-© EdA
Directrice de la bibliothèque d'Antoing, Anne Hory a écrit un roman qui court des Vosges à la Belgique, de la première guerre à nos jours.

De Léon à Luc, cent années s'inscrivent, d'un coup de plume, dans la grande histoire. Cette traversée, Anne Hory souhaitait l'offrir à ses proches. Un pas plus loin, l'ouvrage témoigne de la vie qui bat malgré les embûches, «la vraie vie». Née à Coussey, en Lorraine, Anne est diplômée de l'IHECS et vit à Tournai.

Comment passe-t-on du monde des livres à l'écriture ?J'ai toujours aimé la lecture. Écrire n'était pas mon mode d'expression, à part quelques chansons. Cependant, j'avais commencé l'histoire de Léon, ce grand-oncle mort à la guerre dans sa vingtième année. Le texte était resté là, en attente d'une suite.

Une figure mémorable, ce Léon ?Il était le cadet d'une tribu de quatre garçons. Ce que je sais de lui, c'est que sa mère l'adorait, qu'il était rêveur, différent des autres. Un extraterrestre, en quelque sorte.

Dans la famille, étant donné sa mort précoce, Léon fait figure de héros. Partir de son existence m'a permis de rejoindre les autres générations, pas à pas.

Et d'écrire une saga familiale ?Chaque personnage a sa place dans la lignée, dans cet ensemble de réseaux, de liens, d'échos. Une famille n'en finit pas de rebondir au-delà du temps, des frontières, des distances.

J'avais envie de faire ce cadeau à mes trois fils, à mes neveux, à ma nièce qui attend une petite fille. Bien sûr, il y a des pages sombres, des moments durs. Mais la vie a toujours le dernier mot, il s'agit d'aller de l'avant, quel que soit le chemin. Le bon vieux temps ? Pas vraiment. Ce qu'il y avait de bon, j'en suis sûre, c'est le temps que l'on passait ensemble, au cours de veillées, de conversations. Cela m'a permis de construire ce texte aujourd'hui.

Des recherches ont été utiles ?J'ai voulu retrouver, par exemple, les traces de la laiterie et fromagerie familiale des Vosges, dans les années 30. C'est possible grâce à Internet. Des anecdotes me sont revenues en mémoire, par volées, des faits et gestes dont m'avaient parlé Anna et Jean, mes parents. L'image de la femme a dû évoluer à travers deux guerres, par nécessité. Des tragédies ont bousculé le quotidien. Des avancées sociales aussi. Tous les personnages étaient bien là, au moment de l'écriture, je n'avais qu'à suivre le fil de l'histoire, ils me portaient. J'ai voulu avant tout rendre hommage, avec amour, à ceux qui m'ont précédée.

Un titre évocateur ?Entre deux horizons, c'est le signe qui convient pour passer d'un siècle à un autre, évoquer les duos, les couples, les régions. Que l'on se sente citoyen du monde ou enfant de la cité, ou les deux à la fois, il y a tout l'espace de l'horizon au milieu.