GRAND-LEEZ

Un cadre de référence pour l'éolien

-© EdA
Gembloux va élaborer un cadre de référence pour accompagner, pour ne pas dire freiner, l es projets éoliens sur son territoire.

Il s étaient une dizaine de citoyens, assis au fond de la salle des mariages. Patiemment, ils ont attendu que le budget soit digéré et que les autres points aient été avalés. Après quatre heures de débats souvent houleux, leur oreille s'est dressée quand le groupe Beffroi, par la voix de Martine Dupuis et Omer Vitlox a mis sur le tapis le dossier des éoliennes.

Dans le triangle entre Meux, Grand-Leez et Lonzée, la société Abo-Wind veut implanter neuf éoliennes. Une réunion préparatoire s'est déjà tenue à Grand-Leez, dans un climat plutôt insurrectionnel. Cette réunion devait servir à enregistrer toutes les remarques de la population, en vue de la réalisation d'une étude d'incidences et du dépôt d'une demande de permis.

À la demande d'opposants au projet, Beffroi avait fait inscrire le point à l'ordre du jour. L'objectif du groupe d'opposition : obtenir un vote clair et unanime contre ce projet. Devant le parterre de conseillers, Martine Dupuis fait parler sa fibre médicale, évoquant les risques potentiels des éoliennes pour la santé et la nécessité d'adopter le principe de précaution dans ce domaine.

Omer Vitlox s'appuie, lui, sur ses compétences d'ingénieur pour démolir ce projet et, de façon plus générale, la filière éolienne. «Je ne suis pas contre les énergies renouvelables et encore moins contre les économies d'énergie mais la contribution de l'éolien est négligeable» . Pire, l'éolien, de par le caractère intermittent de la production, oblige les pays à s'équiper en centrales classiques au gaz ou charbon. Pour Omer Vitlox, des pays à la pointe comme l'Allemagne et l'Espagne en reviennent.

Dans les rangs de la majorité, les arguments trouvent certaines oreilles attentives. Le jeune Gauthier de Sauvage (Bailli) ne cache pas son opposition au projet. «À titre personnel, j'y suis fermement opposé. Ce sont 9 unités de production industrielle que l'on veut implanter à 500 m d'un village alors qu'on recommande une distance de 1,5, voire 3 km». Dans la foulée, il annonce cependant que si le point est soumis au vote, il s'abstiendra.

Contradictoire? Pas du tout, explique le bourgmestre Benoît Dispa qui invite à faire clairement la distinction entre des opinions personnelles et la nécessité de respecter une procédure administrative. «Nous ne sommes ni sourds, ni aveugles mais le projet n'est pas encore déposé. Je voudrais qu'il soit clair pour tout le monde que si nous nous abstenons aujourd'hui, ce n'est en aucun cas le reflet d'une quelconque opinion. Si nous prenions position aujourd'hui sans avoir tous les éléments pour le faire, on se mettrait en position de faiblesse par rapport au promoteur qui pourrait nous accuser de partialité» .

La ministre Sabine Laruelle insiste pour que le point soit voté, mais tant l'échevin Bailli Jean Sine que l'échevin Écolo Éric Van Poelvoorde insistent pour répéter que ce n'est pas le moment. Le collège échevinal sera appelé à rendre un avis dans le cadre de la procédure et le conseil aura lui aussi son mot à dire quand il s'agira ou non d'octroyer l'ouverture de voiries en vue de la réalisation du chantier.

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