GRAND-LEEZ

Pas bienvenues «Chez Nous»

-© EdA
À Grand-Leez, dans une salle «Chez Nous» bondée et surchauffée, le projet éolien d'ABO-Wind n'a pas réussi son premier examen de passage.

Au terme de la soirée, les Grand-Leeziens auraient pu rebaptiser leur salle... «Pas Chez Nous». Voilà qui correspondait mieux à l'humeur générale lors de cette présentation du projet éolien d'ABO-Wind dans ce coin de Hesbaye namuroise.

Pour rappel, la société à l'ancrage allemand voudrait planter neuf mats éoliens dans la campagne encerclée par les villages de Sauvenière, Grand-Leez, Meux, Saint-Denis et Lonzée.

La demande de permis porte sur des machines d'une puissance comprise entre deux et trois MégaWatt. Une sacrée nuance entre ces deux extrêmes. Et c'est déjà un premier point de friction qui fait frémir la salle. «Vous nous présentez des chiffres et des statistiques adoucies par rapport à la réalité», s'insurge un Grand-Leezien. «Ici, vous parlez d'éoliennes qui auraient une hauteur de 120 mètres. Et lors d'une autre présentation, vous avez parlé de 150 mètres!» Christian Llull, le responsable de ce projet pour ABO-Wind, ne se démonte pas. «Je peux vous assurer que la hauteur maximale des éoliennes sera de 125 mètres», promet-il, quasiment la main sur le coeur. «En fait, c'est une limite d'altitude fixée par l'aviation», précise-t-il. Dans la salle, résonne un tonitruant et ironique «Vive Ryanair!». Autre sujet qui fâche : les distances entre les machines et les premières maisons. ABO-Wind avance des chiffres : les premières éoliennes seront situées à plus de 1000 mètres de Sauvenière, 850 m de Lonzée mais... 560 m de Meux ou encore 520 m de Petit-Leez... «En Allemagne, votre projet ne pourrait même pas être présenté. La distance minimale est de 1500 mètres», s'insurge Frank Hanciaux, un riverain.

Réponse de Dominique Betzer, pour ABO-Wind : «Ce n'est qu'un des 16 Land allemands qui a pris cette décision. Par ailleurs, et c'est plus logique, dans la plupart des pays où nous sommes présents, il n'y a pas de législation qui fixe de distance minimale. On tient plutôt compte des nuisances sonores. Et cela varie en fonction des technologies, de la taille des éoliennes, des vents dominants... Donc, dans l'intérêt des riverains, il vaut mieux faire du cas par cas.» Les questions de santé taraudent également l'esprit des riverains. «Pourquoi l'OMS préconise-t-elle une distance minimale de 1500 mètres?», s'inquiète ce Grand-Leeziens. «On s'inquiète pour les oies et les piou-pious mais quel serait l'impact de ces éoliennes sur nos enfants?» Cette question de santé publique devrait d'ailleurs être prochainement posée à la ministre Onkelinx, en commission, assure ce citoyen.

Roger Francis, de Grand-Leez, pose la question des infrasons. «Il y a des bruits qu'on n'entend pas mais qui font de gros dégâts», prévient-il. Du bruit, les opposants sont bien décidés à en faire...

Suivez notre page L'Avenir Namur sur Facebook