NAMUR LA PLANTE

Un vide-bouteilles au pied de la vigne

-© alain Fossion
La confrérie du Clos de Buley vient de renouer avec la tradition du vide-bouteilles. Cette cabane servira aussi de stordoir.

De puis quatre ans, une quinzaine de vignerons se retrouvent régulièrement pour entretenir la parcelle commune et produire un petit vin rosé inspiré de la tradition médiévale. Au Buley, l'activité avait été relancée il y a 27ans. Au bout de l'ancestral vignoble, sur une parcelle cédée par la Ville, les Compagnons plantaient du Pinot noir et du Muller Thurgau. Au fil des ans, il ne reste plus que deux vignerons, Edouard et Jean, de l'équipe des planteurs de la première heure. Il faut compléter et renouveler le métier si l'on veut pérenniser le vignoble.

Un vide-bouteilles

Travailler la vigne, c'est prendre l'exacte mesure du climat et de ses aléas, c'est supporter le soleil comme accepter de se faire tremper sous la «drache» sans avoir la possibilité de s'abriter.

Quoique... Depuis plusieurs mois, l'idée avait germé d'établir un vide-bouteilles sur la parcelle de vignes. Un vide-bouteilles? C'est une petite infrastructure qui porte bien son nom: il s'agit d'une sorte d'abri de jardin qui doit permettre de ranger les outils, le matériel de vinification et la protection du mauvais temps. L'idée s'est concrétisée cet été et elle s'inscrit plutôt bien dans la tradition.

Ce type d'infrastructure a fleuri au XVIIIe siècle et on en trouve encore à Huy (aux Crépales, à La Sarte, aux Grands Malades), à Amay, ainsi qu'à Bouvignes.

Au-delà de son évident côté pratique, cette petite construction permettait souvent aux propriétaires de recevoir quelques amis autour d'une bonne bouteille tout en surveillant les ouvriers au travail dans les vignes.

Aujourd'hui, les vignerons du Clos de Buley peuvent travailler la vigne puis se retrouvent autour du jus de la treille. Nul doute que ce vide-bouteilles aura été inauguré... en faisant sauter les bouchons.B.M.