REBECQ

« On me surnomme Gepetto »

-© EdA
Saviero Mangione a remporté le mérite culturel. Depuis 30 ans, il répare des horloges de collection. Un artiste ? « Même un peu plus ! »

Le sourire n'a pas quitté les lèvres de Saviero Mangione tout au long de la soirée. Horloger de profession, il a remporté vendredi soir à la salle communale de Quenast le mérite culturel 2010. Un Horloger est un artiste ? Cela ne fait aucun doute pour Saviero. « Quand il faut reproduire une pièce datant du XVIIIe siècle, il faut même être plus qu'un artiste. Si la pièce n'est pas ajustée au centième de millimètre près, cela ne marche pas ! Mon surnom, c'est Gepetto ! »

Depuis 30 ans, ce passionné rénove des pièces de collection dans ses deux ateliers de Bruxelles et de Rebecq. Avoir deux ateliers, c'est une nécessité. « Je passe la moitié de mon temps dans la capitale car la majorité de ma clientèle se trouve là. Le reste de la semaine je reviens à Rebecq pour être au calme . » Car c'est pour ça que Saviero a fait ce métier « quand je répare une montre, je plonge dans un monde de silence, rythmé par le tic-tac des horloges . »

Cet acharné du travail ne s'arrête jamais. Père de trois enfants, il travaille 7 jours sur 7. Des hobbies ? « Pas le temps . » Même hors du boulot, sa passion ne le quitte pas. Vendredi soir, à son poignet : une Panerai. « La montre des plongeurs italiens . » Saviero possède en tout une centaine de pièces de collection. En fait, tout le relie à l'horlogerie : il est marié depuis 23 ans avec une femme qui partage évidemment sa passion : « mon épouse était vendeuse de montre quand je l'ai rencontrée. »

Coïncidence ? Saviero n'y croit pas : « Quand je répare une montre, j'ai l'impression que j'étais prédestiné à cela. Je suis un stressé de nature, mais une fois dans mon atelier tout disparaît. »

C'est tout petit que cet horloger a découvert sa profession. « Mon papa faisait déjà un métier d'art, il était menuisier. Mais le déclic, je l'ai eu à 11 ans. En descendant dans la cave, j'ai découvert un réveil. En l'ouvrant, tous les rouages ont explosé tel un feu d'artifice. Je me suis dit qu'il fallait à tout prix le réparer. » La première tentative a bien sûr été un échec. Mais Saviero a gardé le réveil, et après ses études d'horloger et après avoir emmagasiné un brin d'expérience, l'engin a été rafistolé. « Et il marche toujours aujourd'hui ! »

Des défis comme celui-ci, Saviero en a remporté beaucoup depuis. C'est d'ailleurs une vraie obsession. « Je considère que la mécanique ne peut pas avoir le dessus. Sur toute ma carrière, j'ai dû abandonner 2 ou 3 fois . »

En Belgique, Saviero estime qu'il y a environ une centaine d'horlogers. « Mais nous sommes une trentaine à être véritablement spécialisés. » La relève ? Difficile à trouver. « Ce métier n'attire plus les jeunes, c'est pour cela que je travaille beaucoup, car j'essaye d'honorer au mieux toutes mes commandes. »

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