THUDINIE

Énergie : quel est le bon sens ?

Plus de 120 personnes au château d'Ham-sur-Heure pour un débat sur l'éolien, où il fut question de choix de société , d'énergie juste et démocratique.

Les premières éoliennes ont souvent d'abord suscité un intérêt sympathique pour leur mat svelte et leurs pales qui ne sont pas sans rappeler les moulinets colorés de nos enfances. Bien plus, elles se présentent comme l'énergie de demain, bien propre.

Dans la salle du château d'Ham-sur-Heure, l'association thudinienne « Vent de Bon sens » invitait les citoyens à prendre connaissance de chiffres présentés par quelques docteurs en science, entrepreneurs, gérants, professeurs et citoyens qui trient les informations multiples et contradictoires le sujet.

« L'éolien est marginal : 0,02 % de l'énergie utilisée ; marginal quant à la réduction de gaz à effet de serre ; bien moins écologique que prévu pour son mode de production et encore : 500 000? de revenus nets d'impôts par éolienne, pour quelques promoteurs privés » argumentent les membres de l'association.

« Le citoyen prend conscience que c'est lui qui paie et qui subit les désagréments visuels sans compensation d'emploi et en voyant l'immobilier perdre de sa valeur. » On comprend donc que le débat puise prendre des allures passionnelles. On applaudit chaque intervention. « Mais la vie vaut-elle la peine sans passion ? », entend-on.

En bref, la multiplication des éoliennes c'est « une socialisation des ennuis et une privatisation des bénéfices », autrement dit les inconvénients et le coût pour les citoyens, le profit pour quelques-uns.

Et il n'est pas rare d'entendre que des citoyens, d'abord favorables à l'éolien, en deviennent de résolus adversaires, voulant faire entendre leurs voix et se réapproprier leur environnement en décidant un certain choix de société. On se rappelle qu'on est en démocratie et que ça veut dire quelque chose.

Consommer moins et ainsi gagner de l'argent

Avant même de passer au renouvelable, c'est à un autre mode de vie que Frédéric Chomé, le docteur en sciences, invite : chercher le meilleur moyen de subvenir aux besoins réels, placer son argent dans des entreprises éthiques et écologiques, réduire sa consommation.

Le député bourgmestre Yves Binon renchérit : « On gagnerait, dit-il, à investir ces millions en favorisant les économies d'énergie dans les logements sociaux et les bâtiments publics : isolation, double vitrage, remplacement des vieilles chaudières, des vannes thermostatiques. Et cela serait plus intéressant aussi aux points de vue de l'environnement, de l'emploi, du paysage. » Et de prendre l'exemple de son château-hôtel de ville. « Bâtiment classé, nous ne pouvons pas mettre de double vitrage, ce n'est pas isolé. Nous avons quand même pu passer d'une consommation de 80 000 à 36 000 litres de mazout. Mais nous sommes empêchés de prendre les moyens de vraiment réduire la consommation. »

Groupe facebook : Contre la destruction du paysage à Ham-sur-Heure, Thuillies et Clermont