TOURNAI

Un amour de marionnette

En rue, en salle ou au jardin, la marionnette a séduit de nombreux spectateurs à l'occasion de son festival d'automne.

Dès vendredi, les écoliers avaient rendez-vous avec deux petits personnages et leur histoire d'amour : la compagnie française « Areski » leur proposait « Bilboké ».

« Une rencontre, ce qu'il y a de plus simple au monde. L'essentiel est de trouver une manière singulière de la dire, confie le marionnettiste, Il s'agit de toucher tout le monde, tous les âges ». « La marionnette est à tout le monde » Suite à cette animation très suivie par le public familial, chacun a pu construire sa figurine. Et lui permettre de participer à la grande parade, au coeur de la ville. C'est ainsi que trois cents personnes ont rallié le Centre de la Marionnette, samedi après-midi, pour gagner le forum tournaisien, avec les partitions musclées du groupe musical « KermesZ à l'Est ».

Fanfare, familles et pantins ont suivi le sémillant cheval jupon de Xavier Sourdeau pour une danse en belle compagnie : deux géants de la « Bancloque » fermaient la marche.

« C'était notre souhait, montrer que la marionnette est à tout le monde », confie Françoise Flabat, directrice de l'institution de la rue Saint-Martin. « Chaque silhouette est issue de l'imagination et des mains des enfants. Et les voilà sur la Grand-Place, qui accueille la miniature et le géant, toutes cultures confondues ». Le festival a apporté son lot de surprises. « Le Cirque est arrivé », c'est du théâtre d'ombres. On y retrouve la poésie de « Clair de Lune ».

« Jouer à vue, ne rien cacher, afin que le public puisse comprendre le fonctionnement, la technique, souhaite Paulo Ferreira, un écran rond ? Parce que nous aimons cette époque du théâtre d'ombres, l'art nouveau ». Entre cirque et scène, le magicien s'adonne à une petite célébration des éléments découpés : une danseuse, des animaux, des passagers du chapiteau d'antan. Un rien de nostalgie et beaucoup de talent : « Avec l'ombre, on suggère une page d'émotions et le cerveau de chacun fait le reste ».

« Un peu de fête, comme en enfance »

Parmi les vieux routiers de la marionnette, il y a Marcel Orban. « Le Parfum du Roi », voici une histoire aux saveurs de châteaux, de princesses et de valets. Seul avec son castelet, l'artiste a développé un art pétri d'astuces et de trouvailles.

« J'aime la recherche », dit-il aux curieux et passionnés qui l'interrogent après le spectacle.

Que cherchent petits et grands, à travers ces moments de rencontre avec des gens de papier, de bois, d'acier, de ficelle ? « Un peu de fête, comme en enfance, avoue Nathalie qui est venue avec ses deux filles, elles ont inventé des personnages de chiffons, cela m'a donné des idées ! » Pour Xavier, les marionnettes ne sont pas réservées aux enfants : « L'émotion est à tout le monde ». C'est également l'avis de ceux qui ont découvert « Un Femmes », une création destinée aux adultes. Des figures transmettent ce que vivent les humains. Avec une réflexion, une transgression bienvenues.

La belle saison des artisans horlogers, sur la Grand-Place, demeurera une image forte du festival. « Carillon », à Tournai, face au manège tourbillonnant, au beffroi sonore et à quatre cents pupilles, ce fut un cadeau du temps et de la météo.

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