GRANDRIEU

Vent de déraison autour du parc éolien de Grandrieu

-© EdA
Les autorités communales ont-elles, avec ce projet éolien, amené le loup dans la bergerie ? Peut-être... mais pas celui qu'on croit...

En intégrant un projet éolien dans leur programme PALE, les élus chevrotins voulaient éviter de brader leur vent à n'importe quel promoteur. Divers contacts ont donc mené à choisir une jeune société belge, filiale d'un groupe franco-hollandais actif dans les énergies renouvelables depuis 2002, et favorable à une participation citoyenne dans ses projets. KDE Energy a donc été invitée à se présenter à la population locale, première étape d'une longue procédure menant vers l'ouverture d'un parc de 5 éoliennes à Grandrieu.

Michel Suzan, directeur, et Blandine Martin, chef de projet, s'attendaient à des questions, des doutes, des interpellations argumentées. Pas à un tel cirque ! Car dès la séance de questions-réponses suivant la présentation de la société et du projet, le réquisitoire a commencé. Parmi les quelque 150 personnes présentes, les Grandrieutois paraissaient au mieux minoritaires, au pire étouffés dans leur prise de parole par un groupe bien organisé d'opposants systématiques à l'éolien.

Le modèle est désormais bien rodé : l'un après l'autre, les membres de Vent de Raison se saisissent du micro et présentent leurs arguments. Là où cela dérape, c'est quand l'émotionnel prend le dessus sur les données rationnelles. Et on en a eu un bon aperçu ce mercredi soir à la salle du centre culturel de Sivry où ils ont d'emblée déployé une banderole de 2 m/1,20m affichant « Grandrieu-Hestrud, villages soldés... ». D'abord lorsque Luc Rivet a dressé un tableau apocalyptique de la situation « des gens d'Estinnes épuisés » après quelques mois seulement de fonctionnement du parc éolien de Windvision. Les membres de son association présents en nombre, tout comme leurs alter ego français, ont ensuite enchaîné les accusations. « L'étude d'incidences, c'est un hochet pour les riverains » sous-entendant, non seulement que tout est joué sans avis de la population, mais que des collusions existent entre promoteurs et pouvoirs politiques communal et régional. Le ton de la suite du « débat » était donné, et a graduellement cru en agressivité. Jusqu'à ce geste surréaliste sensé illustrer l'impact éolien sur les riverains : le Dr Marchandise, Bruxellois ayant une résidence secondaire à Grandrieu, dénonce « cette mascarade a assez duré », propose au public une action non-violente pour manifester sa colère... et se jette à terre en faisant le mort, rejoint par 4 autres personnes, avant de se redresser et de s'agenouiller devant le bourgmestre ! L'image se voulait forte. Elle a seulement réussi à décrédibiliser des opposants en le faisant apparaître à bout d'arguments...