ASSESSE

Une croisade contre les fabricants chinois

Vincent Degrande a vingt-six ans. Il est luthier et a installé son atelier à Assesse. « Au terme de mes études dans l'enseignement secondaire traditionnel (à l'IND de Philippeville, où je résidais), je suis parti dans une école de Gand. J'y ai appris, pendant cinq ans (avec un diplôme équivalent au conservatoire), mon futur mon métier », explique-t-il.

Pourquoi ce choix ? « J'ai toujours été passionné par la musique. C'est un voisin violoncelliste, M. Mannes, qui m'a transmis le virus, quand j'étais adolescent. Et puis, dans la famille, il y a également des antécédents... Ma grand-mère était une très bonne pianiste et mon père est guitariste... tout comme mon frère François, également chanteur (auteur et interprète). Moi, je joue aussi de la guitare et je suis des cours de violoncelle. Mais, j'avoue qu'aujourd'hui, j'ai d'autres aspirations... Les mains souffrent pas mal, au boulot. Alors, quand j'ai un peu de temps libre, je songe davantage à me relaxer : en me baladant, en laissant vagabonder mon esprit... » Cette option professionnelle n'est certainement pas parmi les plus fréquentes, auprès des jeunes.Quoique... « Il s'agit d'un métier qui revient à la mode. On est dans le domaine de la création. Quand on commence un ouvrage, on ne sait pas toujours où on va aller. Il faut faire des choix, avoir des idées, se laisser guider par ses intuitions. C'est passionnant. »

Concurrence

Est-ce rentable ? « Il faut, d'abord, se faire un nom, dans le milieu : en réalisant quelque chose d'original, un instrument qui sonne vraiment bien. Quand on débute dans la profession, on propose généralement ses productions à de jeunes musiciens qui entament une carrière artistique (et dont le budget est relativement limité). Mais, il devient de plus en plus malaisé de vendre, même auprès de cette clientèle, tant les Chinois pratiquent des tarifs défiant toute concurrence. Le prix des articles finis qu'ils mettent sur le marché équivaut souvent... au prix auquel nous achetons le bois ! » J.-P.C.

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