CHARLEROI

Le BPS22 en panne d'extension

Un conflit grippe l'extension du BPS22. Si le problème se prolonge , les subventions annoncées pourraient être définitivement perdues.

En 10 ans, l'espace de création contemporaine de la province de Hainaut à Charleroi, le BPS22, s'est imposé comme un fleuron de la culture de Wallonie-Bruxelles. Expositions, événements, performances sont à la mesure de ses ambitions ; pas encore de sa taille et de ses conditions d'accueil : mais un projet existe, un grand projet de transformation en musée permanent. La Communauté française a marqué son accord à ce dossier d'extension à travers l'octroi d'une subvention de 70 % du coût, près de 2,5 M?.

Si un bureau d'architecte a été désigné au terme d'un concours, la situation s'est figée. En cause : « Une divergence de vue sur les aménagements entre la Région wallonne et la Communauté Française », selon le cabinet de la députée provinciale en charge de la Culture, Fabienne Capot.

Conflit de visions

La première refuse que des bâtiments classés puissent être rénovés sans son accord même s'ils ont pris une affectation culturelle ; la seconde conteste cette vision. Pouvoir subsidiant, la Communauté estime qu'en dehors de l'architecture et de la façade classées, l'administration régionale du Patrimoine n'a pas à s'ingérer. Que le projet est porté par le binôme qu'elle forme avec la Province.

Le projet précisément, c'est de renforcer l'offre dans le domaine des arts plastiques. « En exploitant la grande flexibilité et la volumétrie du bâtiment Solvay », selon le directeur Pierre-Olivier Rollin. Il s'agit de tirer parti des éléments classés de l'ensemble, daté de 1911, en y intégrant le confort des infrastructures modernes. Tout s'articule autour de ses deux salles modulables avec de grandes cimaises et des mezzanines donnant des perspectives. Ces « balcons » constituent en eux-mêmes d'autres plateaux d'expositions et de performances.

Les espaces sont recomposés, évolutifs, avec un souci du stockage et de la logistique. Il est question de faire à l'extérieur ce qui sera fait à l'intérieur, avec des matériaux nobles qui rendront visibles la rénovation du musée : il est prévu de percer une entrée monumentale en façade sans altérer les colonnades et éléments d'architecture. C'est là que le bât blesse : les architectes ont intégré des éléments dont la Région ne veut pas. Selon elle, ils altèrent la vision de l'ensemble classé.

« Fabienne Capot entame des négociations la semaine prochaine pour sortir de l'impasse », comme le confirme son chef de cabinet Jean-Paul Deplus. C'est clairement du côté politique qu'un arbitrage va devoir s'imposer. Le temps presse : à défaut de réalisation pour la fin de la législature communautaire, le BPS22 risque de perdre sa subvention. Définitivement.D.A.