NAMUR

La position fortifiée de Namur

-© EdA
Nous avons rappelé la chute, il y a juste 70 ans, de la Position fortifiée de Namur, réétudiée par l'historien Jacques Vandenbroucke. Réaction.

Vo ilà enfin la Position Fortifiée de Namur mise à l'honneur dans son ensemble. Un vif merci donc et de sincères félicitations à M. Jacques Vandenbroucke, sans oublier M. Scaillet qui l'a beaucoup aidé.

Les dernières éditions de Vers l'Avenir ont parlé d'Eben-Emael, alors fleuron de notre défense, système de fortification moderne qui pécha cependant par le manque de dispersion de ses organes de combat et la présence d'un trop vaste glacis central. Maizeret fut largement présenté en tant que l'un des sept (sur neuf) forts réarmés dans l'entre-deux-guerres.

Et les autres ? Contrairement à la Position Fortifiée de Liège, dont les douze forts sont utilisés à des fins diverses ou mis en valeur par des associations, la PFN a vu ses ouvrages démantelés, détruits, abandonnés, pour finalement être transformés en vastes domaines privés, propriétés de particuliers ou de l'État. On a même tenté d'en faire disparaître, comme à Wépion-Saint-Héribert. Les forts de Cognelée et d'Emines, n'ayant pas été modernisés, présentent toujours les spécificités de Brialmont et sont des domaines particuliers. Ceux de Dave et de Marchovelette semblent toujours voués aux exercices militaires, tandis qu'à Andoy, Maizeret et Suarlée, on est à nouveau en domaines particuliers. À Malonne, la Région a installé un refuge pour chiroptères.

Des opuscules ont été rédigés sur quelques-uns de ces forts namurois. Citons entre autres « Le fort d'Emines, dernier fort de Meuse intact » par la Maison de la mémoire rurale de La Bruyère, « Le fort d'Andoy » de José Bette et « L'épopée du fort de Dave en mai 1940 » dans le n° 12 des Itinéraires wallons. Citons aussi « Un ouvrage de la Position Fortifiée de Namur, le fort de Malonne » par André Lessire, « L'historique du fort de Saint-Héribert » du commandant L'Entrée et « L'odyssée du fort de Malonne » par Jean Chapelle. Peut-être existe-t-il également l'un ou l'autre écrit sur Maizeret, Marchovelette et Suarlée ? Notons aussi que le Musée de Haut-le-Wastia réserve une belle place aux forts de la Meuse.

Ces travaux sont souvent le fruit de recherches à connotations sentimentales, un père, grand-père, oncle ou autre parent ayant servi dans l'un de ces ouvrages, M. Vandenbroucke a recueilli des témoignages directs par dizaines, merci encore pour ce profond travail de Mémoire. En ces temps de souvenir, rappelons que les forts de Namur essuyèrent les premiers feux ennemis autour du 15 mai et que les redditions eurent lieu du 18 pour Marchovelette au 24 pour Dave, Suarlée s'étant rendu le 19, Malonne et Saint-Héribert le 21, Andoy et Maizeret le 23.

Nos soldats n'ont pas démérité, leurs officiers ont fait preuve d'humanité et de clairvoyance, tous ont rempli leur devoir.

Honneur à eux tous, dont le nom est ou n'est pas gravé dans la pierre d'un monument.André LESSIRE

Tienne Saint-Roch, 2

Floreffe