JODOIGNE

Le porc piétrain débarque aux Amériques

Un éleveur colombien franchit le pas : les 27 porcelets qu'il vient d'acheter à Jodoigne, arriveront fin janvier à Bogota.

On en t rouve en Chine, au Vietnam, en Afrique du Sud, et même en Flandre, mais aucun porc piétrain, fierté de l'élevage brabançon, n'a jamais mis le pied sur le sol américain. C'est néanmoins pour très bientôt...

Lasemaine dernière, un éleveur colombien était à Jodoigne, où il a passé commande pour 27 porcelets, mâles et (surtout) femelles, auprès de Liliane Doyen, Henri Stas et Éric Ossaer, trois des éleveurs de l'Association régionale du porc piétrain. Le client était intéressé depuis qu'il avait reçu, voici quelques années déjà, la visite de feu Fernand Docquir alors que celui-ci prospectait le marché américain. Jusqu'ici, le Colombien n'avait toutefois pu obtenir toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités de son pays pour importer les animaux. Cette fois, c'est fait.

Les 27 porcelets devraient s'envoler fin janvier pour Bogota. Pour ces quelques heures d'avion, ils seront installés sur des palettes compartimentées : cela permettra d'éviter que les animaux ne s'écrasent les uns sur les autres lors du décollage et de l'atterrissage. Pour réduire les risques au minimum, l'acheteur colombien devrait d'ailleurs choisir un vol sans escale, au départ de Paris, Francfort ou Amsterdam.

Pour l'heure, les 27 porcelets, nés fin septembre début octobre, sont toujours à Jodoigne. Avant de partir pour les Amériques, ils transiteront par la station de quarantaine porcine de Wavre qui appartient à la Province, et qui n'a plus servi depuis quelque temps. À leur arrivée à Wavre, ils feront l'objet d'une prise de sang. Ce prélèvement sera utilisé pour réaliser une batterie de quatorze tests. Une nouvelle prise de sang sera effectuée à leur sortie de quarantaine.

C'est l'avion qui coûte cher

Montant de la transaction conclue entre Jodoigne et la Colombie ? « Comptez au minimum 235 € par animal », répond Éric Ossaer, en souriant mystérieusement. Mais le client paiera aussi divers frais annexes, dont le transport par avion. Et le ticket n'est pas donné : « Comptez 500 € pour chacun de ces animaux qui pèseront alors de 50 à 60 kilos... » Et, bien sûr, ce prix pourrait grimper encore si la mise en quarantaine devait se prolonger : un porcelet de quelques mois grossit rapidement, environ 500 grammes par jour.

On ajoutera pour l'anecdote que le client colombien s'exprimant seulement dans sa langue, c'est en espagnol que les tractations ont été menées. Avec l'aide de qui ? De Sébastien Stas, le fils d'Henri, qui connaît bien la langue puisqu'il a été étudiant Erasmus à Madrid.