CARTES BANCAIRES

Votre compte bloqué à cause d'un plein

-(photo EdA - Jacques Duchateau)
La mésaventure d'une Couvinoise, fin de semaine dernière, doit nous rappeler une règle : négociez le plafond de votre carte bancaire !

Il pourrait s'agir d'un problème mathématique fort simple. Une Couvinoise avait 190 euros sur son compte en banque, jeudi dernier. Elle part en France et s'arrête, à Charleville, pour faire le plein du réservoir de sa voiture. Elle dépense pour 10 euros à la pompe, puis retire 10 autres euros dans un distributeur. Elle se rend ensuite dans son supermarché favori et y achète des denrées pour 82 euros.

Aura-t-elle assez d'argent pour effectuer ce dernier paiement ? Les professeurs de mathématique répondraient par l'affirmative. La réalité du terrain, pourtant, démonte complètement les théories les plus élémentaires : « À la caisse, nous avons dû retirer des marchandises pour descendre jusqu'à 60 euros », témoigne la Couvinoise, qui s'est sentie pour le moins humiliée face aux autres clients.

« Cette mésaventure résulte d'une réglementation européenne, nous a-t-on expliqué chez BNP Paribas Fortis. Les compagnies pétrolières, lorsque l'on introduit sa carte dans l'appareil pour faire le plein, commencent par vérifier si le paiement du carburant pourra avoir lieu. Pour ce faire, le système informatique vérifie si le compte bancaire comprend une certaine somme, afin de garantir le paiement qui s'annonce. En France, entre 130 et 150 euros sont ainsi réclamés en garantie. » La somme est alors « réservée » sur le compte, sans qu'aucune trace n'apparaisse, ni sur les extraits papiers, ni sur l'écran internet du consommateur. « En Belgique, tout est instantané : une somme de 375 euros est réservée, puis débloquée de suite, parce que les systèmes sont en direct. Mais en France, il faut parfois deux ou trois jours pour que l'argent soit libéré. » C'est ce qui s'est produit avec notre Couvinoise ce week-end : lundi matin, elle n'avait toujours pas accès à la somme réservée jeudi, alors que ses virements en ligne ne mentionnaient pas de prélèvement !

Comment éviter ce phénomène ? Soit en ayant une plus grande marge sur son compte, soit en négociant une augmentation du plafonnement de sa carte avec son banquier.

Au cas par cas, chaque carte bancaire autorise un découvert temporaire, pour prévoir justement ces cautions à réserver notamment aux pétroliers. Ce système permet de descendre virtuellement sous zéro le temps de libérer la caution, sans qu'aucun intérêt ne soit décompté (si vous ne dépensez pas réellement la somme évidemment). Une précaution à prendre, surtout si vous êtes frontalier !

BNP Paribas Fortis suggère d'autres moyens encore : privilégier une carte Visa ou encore s'armer de liquide.

La Couvinoise, elle, a lancé une pétition sur le site lapetition.be. Elle réclame qu'une mise en garde soit affichée systématiquement sur les pompes et que les banques informent davantage les clients sur ce risque. « Qu'aurais-je fait, ce week-end, si j'avais dû aller chez le médecin ? », s'interroge-t-elle.