PONT-A-CELLES

Dans l'ombre du cavalier noir

Louis Pieters est l'admirateur inconditionnel de Georges Guétary , depuis 60 ans. Il lui consacre un essai publié par « Le Manuscrit ».

Entre Louis Pieters et Georges Guétary, disparu il y a douze ans, l'histoire n'est pas encore prête de se terminer.

À Pont-à-Celles, dans la maison de ce professeur de français aujourd'hui retraité, on entend encore résonner la voix du célèbre interprète d'opérettes, partenaire de Gene Kelly dans « Un Américain à Paris » et compagnon de Bourvil dans « La route fleurie ». Mais Louis Pieters ne se contente pas de renfermer des lettres adressées personnellement par le chanteur ou des photographies. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est de promouvoir l'oeuvre du maître de chant par l'intermédiaire d'un essai : « Georges Guétary : Le langage de l'image », aujourd'hui publié par la maison d'édition « Le Manuscrit ».« Georges Guétary a longtemps été mon jardin secret. Bien entendu, ma femme et mes proches étaient au courant de mon admiration mais il était parfois mal vu d'aduler un chanteur populaire auprès d'intellectuels. Cet essai non biographique a pour but de faire reconnaître le chanteur par ceux qui l'ont rejeté. C'est une analyse de son oeuvre dans laquelle j'ai retrouvé des constantes comme l'amour et l'héroïsme mais aussi leurs contraires », explique Louis Pieters.

Au-delà de l'image, un homme méconnu

Si l'image du séducteur a longtemps collé à la peau de son idole, Louis Pieters démontre que l'interprète a aussi véhiculé un reflet d'amoureux transi injustement méconnu.

« Bien qu'il n'ait lu qu'un premier chapitre de mon livre, persuadé qu'il s'agissait encore de renforcer le mythe du cavalier noir, Georges Guétary a tout de suite été favorable à cet essai. Quand je l'ai informé de mon projet, il m'a simplement demandé de ne pas rivaliser avec son autobiographie, ce qui était pour moi évident », ajoute l'auteur.

Il faut remonter à l'année 1944 pour retrouver la genèse de cette passion vouée par Louis. « J'ai tout de suite été impressionné par sa couleur vocale. Je suis allé ensuite le voir jouer « Don Carlos » à Bruxelles, en 1951, puis à Ostende, où il m'a adressé un sourire en sortant de scène ».

Premier échange verbal : Charleroi, fin des années 50

Surveillant l'artiste à chaque sortie de coulisses, le suivant jusque dans les brasseries sans oser l'aborder, Louis persiste dans la discrétion jusqu'à ce que le chanteur le remarque et l'apostrophe.

« C'était à Charleroi, à la fin des années cinquante. Planqué derrière mon volant, je suis sa grosse voiture américaine. D'importants travaux l'obligent à faire demi-tour et le voilà braqué vers moi. Je le revois descendre du véhicule et s'approcher afin de me demander la direction de Beaumont. Un peu plus tard, par l'intermédiaire d'une voisine qui avait ses entrées aux Beaux-Arts, je parviens à l'inviter à dîner chez moi et lui fais redécouvrir des enregistrements qu'il avait oubliés. Nous nous sommes revus jusqu'à sa mort et avons même entretenu un projet de comédie musicale », se souvient Louis, affectueusement surnommé « le fou » par Georges Guétary (lire en encadré).

Aujourd'hui, « le fou » transmet encore sa passion sur Internet et ses dessins de l'artiste sont aussi à découvrir dans l'ouvrage.

Pour commander le livre, s'adresser à l'auteur par courriel à l'adresse LPiet@georgesguetary.net ou par téléphone au 071/84 60 94.