FERRIERES

À son enterrement, une mouette dans le ciel

Villemy, le cimetière. Une sim ple dalle sur laquelle il est signalé que c'est là que repose Victor Hubinon. Sinon, aucune trace dans la commune de Ferrières de son passage.

« Je suis ouvert et intéressé à toutes propositions, explique Raymond Maréchal, bourgmestre de Ferrières. Le débat n'a jamais eu lieu. On pourrait faire une exposition ou même débattre sur autre chose. Il y a Victor Hubinon, mais aussi Pheape, un excellent peintre, qui a des racines chez nous. »

Hubinon a donc vécu durant deux ou trois ans à Villemy, où il entretenait de très bonnes relations avec les Lamarche, les châtelains. C'est d'ailleurs avec ces derniers que les Hubinon ont passé leur dernière soirée.

« Il y avait beaucoup de neige en janvier 1979, se souvient madame Hubinon. Les Lamarche nous avait prêté leur voiture pour aller faire des courses à Marche. Pour les remercier, Victor les avait invités au restaurant. Nous allions très régulièrement à Comblain-la-tour au "Repos des pêcheurs". Monsieur Hollart était un excellent cuisinier . L'ambiance y était sympathique, et il y avait toujours beaucoup de monde. »

Eh oui, durant une petite dizaine d'années, Hubinon a vécu dans ce Condroz qu'il aimait tant. Un Condroz où il est décédé et où il a amené énormément de monde pour ses funérailles.

Tous les grands noms de la BD, même Franquin, sont venus à Ferrières, malgré la neige. « Je me souviens m'être rendu à l'enterrement avec Arthur Pirotton, se souvient Francis Carin, auteur de Victor Sackville. Nous étions au mois de janvier et il y avait énormément de neige. Pourtant il y avait une mouette dans le ciel.» Alors que peu avant son décès, il venait de réaliser la 44e planche de La Mouette.

« La Mouette, il s'agit de madame Hubinon, explique François Walthery. On l'appelle Gégé, mais j'ignore son vrai prénom. » Madame Hubinon qui a vécu une vingtaine d'années à Huy, avant de partir à Bruxelles.

« Mais j'ai réservé ma place à Villemy, près de Victor », explique-t-elle.