VERVIERS

« Maurice », l'enfant juif adopté...

On leur avait demandé de cacher 2 ou 3 semaines un enfant juif , un couple de « Justes » de Heusy-Verviers l'a adopté pendant... 14 ans !

En septembre 1942, Maurice Sztum avait 11 ans et habitait avec ses parents, Jacques et Esther, rue Grétry à Liège, lorsque son père colporteur en tissus, fut déporté par les Allemands en vue du travail obligatoire à Dames-Camier. Quelques jours plus tard, sa mère, Esther, fut arrêtée dans une rafle à Liège. Ils furent déportés dans le 21e convoi du 26 septembre 1942 parti de Malines vers Auschwitz.

Le petit Maurice, désemparé, fut recueilli quelques jours chez une voisine, ensuite plusieurs mois dans un couvent de religieuses à Banneux et finalement, le 19 avril 1943, Marcel et Célestine Arnoldy-Schyns furent invités à se rendre au Couvent des Pères Capucins pour l'emmener chez eux à Heusy-Verviers. Le Père Pierre Baptiste, attaché au Couvent de Verviers, avait demandé aux Arnoldy d'héberger un enfant juif, 2 à 3 semaines. Ce temps s'écoula rapidement. Marcel et Célestine n'ayant plus de nouvelles, décidèrent de garder l'enfant qui était sans aucune famille. Ce couple exceptionnel, qui avait 7 enfants, a hébergé Maurice durant une dizaine d'années, au risque de leur vie. Il put faire des études et était considéré comme un des enfants de la famille.

Maurice quitta cette famille en 1953 ne voulant plus être davantage à leur charge et commença ses humanités latines au petit séminaire de St-Trond avec le fils aîné Arnoldy. Mais les 3 ans dans ce pensionnat lui furent pénibles et il revint à la maison pour suivre des cours dans une école de tailleurs à Verviers.

C'est pour avoir, au péril de leur propre vie, caché, hébergé et prodigué tout leur amour à un enfant juif en détresse, que l'Institut Yad Vashem a décidé de conférer le titre honorifique de « Justes Parmi les Nations », à Marcel et Célestine Arnoldy-Schyns.

L'hommage du rescapé

Toujours vivant, Maurice Sztum était présent à cette cérémonie. Il n'a pas caché son bonheur de pouvoir « publiquement rendre hommage à mes parents Marcel Arnoldy et Célestine Schyns » Et de commenter leur acte de « Justes » : « C'est avec courage que mon père a décidé malgré les risques que cela comportait, de m'accueillir en 1943 dans sa famille avec ses 7 enfants. J'ai été éduqué, instruit et protégé avec tendresse jusqu'à l'âge de 25 ans et je suis heureux de l'hommage public qui leur est rendu ce jour ».

Ce rescapé de l'holocauste n'a pas manqué d'associer dans ses remerciements « la famille et les amis » qui avaient choisi de s'unir à cet événement en l'honneur de ces nouveaux « Justes Parmi les Nations » !