Être payé pour déguster, c'est possible

Chaque goûteur reçoit un défraiement de 9 euros à l'issue de la séance de dégustation. (Photo Leha)
Chaque goûteur reçoit un défraiement de 9 euros à l'issue de la séance de dégustation. (Photo Leha)-
GROS PLAN | Le goût d'un produit est primordial pour son succès commercial. À tel point que des fabricants payent des gens pour évaluer leur produit. Explications.

Christophe a 33 ans. Il est employé dans une société de transport public à Bruxelles. Depuis plus de deux ans, il délaisse ses collègues, « quatre jours par mois », sur le temps de midi pour servir de cobaye. En échange d'un défraiement de 9 euros, il donne son avis sur les aliments qu'on lui demande de goûter.

Comme lui, ils sont un peu moins de 2000, hommes ou femmes de plus de 13 ans, originaires des quatre coins du pays, à s'être inscrits dans la base de données de LEHA, le Laboratoire d'Étude et d'Hygiène alimentaire.

Fondé au début des années 2000, ce laboratoire situé en plein coeur de Bruxelles propose aux industriels, aux grandes enseignes, aux collectivités, aux sociétés de catering ou aux artisans de confronter leurs produits à ceux de leurs concurrents directs.

Un jury, composé paritairement d'hommes et de femmes, se charge de l'évaluation. Soixante personnes au total, répartis par groupes de quinze. Des volontaires qui se sont préalablement inscrits en remplissant un formulaire poussé. Six pages de questions sur leurs habitudes alimentaires afin de pouvoir proposer au client un panel représentatif de la population.

La mission de ces jurés est simple : prêter leur palais pour juger de la qualité sensorielle d'un produit. Tout est passé au crible : texture, goût, aspect visuel, odeur. Tout donc, sauf l'emballage car le test est réalisé à l'aveugle pour ne pas inconsciemment influencer le « cobaye ».

Les résultats de ces évaluations sont ensuite exploités en fonction de l'objectif du client : améliorer le produit, vérifier que la saveur du produit n'a pas changé ou simplement tester un nouveau produit avant son lancement.

Technique scientifique

L'avantage de cette technique par rapport à d'autres, comme demander par exemple à des clients, à la sortie des supermarchés, de donner leur avis sur un produit, est qu'elle repose sur des bases scientifiques. Car rien dans le laboratoire n'est laissé au hasard. Tout est fait pour que l'évaluation ne soit pas biaisée et se passe dans des circonstances identiques.

Ainsi, la température ambiante est identique à tous les groupes de goûteurs. Le taux d'humidité est surveillé. La lumière a également été conçue pour ne pas influencer le testeur. Et aussi bien les doses proposées que les accompagnements servis sont parfaitement identiques. Une manière de s'assurer que le goûteur, qui fait partie d'un panel représentatif de la population belge, juge librement, sans influence aucune, le produit.

Et à ce petit jeu-là, ce ne sont pas toujours les grandes marques qui sortent gagnantes. Mieux vaut le savoir.

+ Contacts: 02/511.52.29 ou bgesnot@leha-labo.com.

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