THRILLER

Paris sous les eaux de la Seine

Un professeur et une adolescente surdouée découvrent, dans les entrailles de la Ville Lumière, une civilisation oubliée. Excellent suspense sur fond de cataclysme annoncé.

Les derniers jours de Paris s'ouvre sur une vision d'horreur : la ville est progressivement engloutie par la Seine en crue. Ce scénario délirant est celui de S.O.S.

Paris, best-sellEr écrit par Portais Marcomir qui, de conférences en interventions médiatiques, se veut le chantre de cette apocalypse. Il surfe ainsi sur la psychose que connaît la capitale française depuis les récents attentats terroristes.

Au début du roman, cinq bébés sont simultanément enlevés pendant leur sommeil. Trinité, adolescente de 14 ans surdouée dont les parents sont continuellement absents, a été témoin de l'un des rapts. Étrangement, sur le film diffusé par la caméra installée dans l'appartement, le kidnappeur apparaît entouré d'un halo lumineux. La même nuit, au Jardin des Plantes, cinq singes blancs disparaissent avant de mystérieusement réintégrer leur cage. Cet événement intrigue d'autant plus Sylvain, professeur d'histoire spécialiste de Paris, qu'il surprend une conversation entre sa mère, directrice du lieu, et le gardien où il est question d'un secret à lui révéler. Menant son enquête, il remarque que les immeubles où ont eut lieu les disparitions suivent l'ancien cours de la Bièvre (lire ci-contre). S'aventurant dans les sous-sols de la ville, où il découvre notamment des stations de métro depuis longtemps désaffectées et inaccessibles, il tombe sur Trinité soucieuse, elle aussi, de résoudre ce mystère.

Leurs recherches vont les entraîner sur les traces d'une civilisation arrivée à la fin de l'ère glaciaire, les Arcadiens.

S'appuyant sur une excellente connaissance de sa ville, Nicolas d'Estienne d'Orves a concocté un excellent suspense fort d'une dimension fantastique. Sylvain, comme son amie d'enfance, Gabrielle, dont il a été mystérieusement éloigné à l'aube de l'âge adulte, possède en effet le don de pénétrer dans des tableaux dissimulés dans une pièce secrète. « J'aime la démesure, le baroque, le roman dans le roman, les mises en abîme, avoue celui qui est également critique d'opéra.

Et cette idée d'un tableau dans lequel on peut rentrer me fascine depuis toujours. C'est l'ouverture vers un monde parallèle. Cela rejoint mon goût pour le réalisme fantastique. » Afin que son livre ne soit pas qu'une mécanique, le romancier s'attache à faire de ses deux principaux héros des personnages riches sur le plan psychologique. Le jeune professeur pense d'avantage qu'il parle ou agit, ce qui est plutôt rare dans ce type de livre. Quant à Trinité, elle gagne en épaisseur au fil de l'histoire.

Nicolas d'Estienne d'Orves, « Les derniers jours de Paris », XO Editions, 426 p., 19,90 €.

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