MANHAY

Isometall à Dochamps tient le bon bout

Crise, toujours la crise! À Dochamps (Manhay), Isometall analyse ses résultats et réfléchit plutôt en termes de marchés à développer.

Petite visite dans les halls de l'entreprise Isometall, implantée sur le zoning de Dochamps. Là, au milieu des bois, sur 11 hectares et dans 20000 mètres carrés de halls industriels, à quelques encablures de la Baraque de Fraiture, cette PME, née en 1990 à Vielsalm, s'est construite en douceur depuis son arrivée en 1993 sur le site manhaydois. Elle est, aujourd'hui, le plus gros pourvoyeur local d'emplois. Un fleuron économique dans le nord-Luxembourg que l'intercommunale Idélux et le pouvoir local montrent généreusement du doigt. «Ca n'a pas toujours été le cas», précise le boss, Antoine Felten (Gouvy), administrateur-délégué de l'entreprise, filiale du groupe Joris IDE.

Bataille de chiffres

Ce dernier concentre, en Europe, 27 entreprises actives dans la production d'enveloppes pour bâtiments industriels.

Dans ce réseau, Isometall maîtrise les panneaux sandwichs en laine de roche. Il s'agit sans doute d'une des boîtes les mieux équipées en Europe pour assumer ce marché. Depuis son entrée dans la famille Joris, Isometall multiplie les bons résultats. Ainsi, en trois exercices, le pool personnel est passé de 19 à 55 salariés. Même rapport de calcul pour les chiffres : dressé à 9 millions en 2005, l'affaire affiche aujourd'hui les 24 millions d'euros. Pour répondre de facto à la demande croissante du marché, l'entreprise manhaydoise a ouvert les vannes d'investissement : 6 millions d'euros embarqués l'année dernière pour ouvrir, à la veille de la crise financière, une nouvelle ligne de production continue : «Avant, on ne disposait que d'une seule ligne automatisée, d'une capacité de sortie annuelle de 600000 mètres carrés. Carnets de commandes remplis, les équipes tournaient en trois pauses. Avec cette 2e ligne de production, on peut au moins doubler notre capacité de sortie et répondre à la demande.»C'est quoi la crise?

Dans les mauvais jours, ce second circuit permet à l'entreprise de fonctionner en deux pauses. Soit quand les conditions climatiques - hivernales notamment - freinent la demande, soit en contexte de crise. Comme aujourd'hui? Non répond Antoine Felten. Le patron ne tremble pas derrière son bureau en entendant le mot crise : «Les lignes de production sont loin d'être à l'arrêt».Il parle même d'investissement conséquent pour l'année 2009. C'est que le champ d'application est bien nourri. Ses panneaux isolants sont utilisés pour la construction de site industriel, d'usines, d'ateliers, de grandes surfaces, de halls de sport, etc. Il existe même un marché en plein boom en France dans la construction résidentielle. Qui sait peut-être un jour en Belgique? Le potentiel est là. Et dans l'attente, ne vit-on pas dans une province où on ne parle que de développement ou de création de zones d'activités.

Côté recrutement, pas de souci non plus.

Isometall cherche, là, un commercial pour le développement d'un marché wallon et grand-ducal dans la construction. Mieux vaut savoir ce que veulent dire bardage et toiture pour entrer. Qui postule?