Publication d'une étude sociologique sur les colonies de vacances à la Côte

Celui ou celle qui a eu le "bonheur" de fréquenter les colonies de vacances sera passionné(e) par cette étude sociologique menée par l'historienne et sociologue gantoise Martine Vermandere et qui porte sur les colonies de vacances à la Côte belge au cours de la période 1887-1980. Cet ouvrage, qui évoque également les institutions francophones, vient d'être publié aux éditions ASP/AMSAB/ IHS). Tout un siècle de souvenirs tantôt heureux et nostalgiques, tantôt empreints de craintes, voire de moments de tristesse et d'humiliations.

Les "initiés" retrouvent dans cette étude, grâce aux nombreux documents publiés, l'atmosphère des réfectoires bruyants, le pincement au coeur au moment de rejoindre le dortoir, le sable qui s'était incrusté dans les tartines, les douches communes, les cartes-postales adressées aux parents et qui recelaient très souvent de la phrase passe-partout mais très significative : "Nous sommes bien arrivés".

Dans cet ouvrage, Martine Vermandere décrit la riche histoire du phénomène des colonies de vacances, de l'accueil des enfants des travailleurs par des institutions de bienfaisance à la fin du XIXè siècle jusqu'à la professionnalisation de ces mêmes colonies par les mutualités après la Seconde Guerre mondiale.

En fait, c'est à partir de 1886 que des oeuvres de bienfaisance "bourgeoises", y compris les "dames patronesses" et les sociétés de libre-penseurs, se sont efforcées de permettre à un maximum d'enfants des grandes villes et de condition modeste de "profiter" d'un séjour à la mer. On pense ici notamment à la "Ligue de l'Enseignement", au cercle "Le Progrès", à l'"Oeuvre du Grand Air pour les Petits" ou encore à l'"Oeuvre pour la Préservation de l'Enfance contre la Tuberculose".

 A partir de 1919, le gouvernement va subsidier les colonies de vacances par le biais de l'Oeuvre nationale de l'Enfance. A l'issue de la Seconde Guerre mondiale, les mutualités, essentiellement chrétiennes et socialistes, vont prendre le relais, ouvrant par la même occasion ces lieux de vacances à tous et non plus seulement aux seuls enfants de la classes ouvrière.

L'AMSAB-IHS, à savoir l'Institut d'Histoire sociale associé aux Archives et Musée du Mouvement socialiste des Travailleurs, avait entamé, en 2007 et en collaboration avec l'Unité d'Architecture et d'Urbanisme de l'Université de Gand, des recherches dans ce domaine et cela notamment dans le cadre du projet européen "Culture 2000". Cette démarche est aujourd'hui poursuivie sur un plan strictement national et avec l'aide des autorités flamandes.

Une exposition sur le même thème se tient, jusqu'au 5 septembre, au Centre culturel Caermersklooster à Gand. Elle est accessible au public tous les jours, sauf le lundi, de 10h00 à 17h00. L'entrée est libre. Le Centre culturel est situé Vrouwebroersstraat, 6, à Gand. L'exposition comprend de nombreux documents, objets et témoignages à propos des colonies de vacances et de leur évolution.

L'ouvrage, "We zijn goed aangekomen! Vakantiekolonies aan de Belgische kust (1887-1980)" élaboré par Martine Vermandere et publié chez ASP/AMSAD-IHS, comprend 192 pages et est proposé au prix de 25 euros. Informations: www.caermersklooster.be www.vakantiekolonies.be et www.amsab.be .