Fize-Fontaine : avec ses 25 cerfs, il vit au paradis

Jean Louis Delforge élève une harde de 25 cerfs. Pour le plaisir des yeux, de s'occuper du troupeau et de choisir son environnement.

Il n'est pas rare de croiser un troupeau de vaches au détour d'un tournant. Une harde de cerfs, c'est beaucoup moins courant... Le long de la voie rapide qui remonte de Tihange à Villers-le-Bouillet, peu après l'abbaye de la Paix-Dieu, 25 bêtes herbeillent tranquillement, en aucun cas perturbés par les voitures. «Mais ils ont peur des feux d'artifices, s'exclame Jean-Louis Delforge, l'éleveur. Avec mon épouse, nous avons passé la nuit du nouvel an dans la prairie, pour les rassurer.» L'homme s'approche doucement. Il crie, pour avertir la harde de sa présence. «Poupée, viens! Tout doux...»

Un cerf lève la tête, puis un autre. Ils sont tous sur leur garde, prêts à décamper à l'autre bout du terrain. «Il faut aller doucement, explique-t-il. Moi, je peux m'en approcher à quelques mètres. » Pourtant encore loin, il reconnaît ses animaux. «Là-bas, c'est Blanche-Neige, une biche dont l'intérieur des oreilles est blanc. Fiero, c'est mon meilleur reproducteur. Fluet, on l'appelle comme ça car il reste toujours à l'écart des bagarres : il sait bien qu'il va se faire rosser...»

Jean-Louis Delforge en connaît un rayon, sur les cervidés. Vétérinaire de formation originaire du Brabant wallon, il travaille aujourd'hui à l'Université de Liège. Mais il est aussi chasseur. «Je connais bien le gibier. J'ai toujours voulu avoir mon élevage de cerfs.» Et lorsqu'il a acheté cette ferme à Fize-Fontaine avec son épouse également vétérinaire, Françoise Renaut, les conditions étaient réunies. «Nous avions l'endroit, l'espace et la volonté.La destination première de cet élevage, c'est le plaisir de les observer, de vivre dans un environnement qui nous plaît. C'est le paradis, ici! Et la destination seconde, c'est le repeuplement : nous pouvons vendre des bêtes à des parcs ou à d'autres éleveurs. Légalement, il est interdit de remettre ce genre d'animaux dans la nature, en Belgique.» L'élevage du Fizois est semi-sauvage : il se limite à 5 ou 7 bêtes par hectares. Actuellement, la moitié du terrain de 11 hectares est clôturé. Reste donc encore de quoi agrandir la harde... «On aimerait aller jusqu'à 60 cerfs. On verra comment les choses évolueront...» Pour garantir un troupeau sain, 25 % des animaux doivent être remplacés chaque année. Et après deux saisons de reproduction, les mâles doivent quitter l'élevage, pour éviter les problèmes de consanguinité. Ils sont donc vendus à d'autres éleveurs, ou partent à l'abattoir. «C'est toute une gestion!»