Une société verviétoise bloque l'accès à Facebook

Problème de productivité au boulot ou de virus malveillants : Flexos protège les entreprises contre les menaces des réseaux sociaux online.

Avec 150 millions d'utilisateurs dans le monde et plus d'un million en Belgique, Facebook est «the place to be» sur la grande toile. Les trentenaires en sont complètement gagas. Avoir son «profil» sur Facebook est un impératif de la branchitude. Plus encore, l'arrivée des sites web de réseaux sociaux (Facebook mais aussi MySpace ou Netlog) a chamboulé les modes de communication.

Flexos a su s'adapter. Cette société verviétoise est spécialisée en sécurité informatique. Voici 3-4 ans, elle s'était déjà attaquée au filtrage des mails - les fameux spams. Et, depuis un an, elle a développé, avec son partenaire technologique ScanSafe, un système de scanning «en temps réel» des pages Internet visitées.

«Le web évolue énormément, pose Jean-Paul Rosette, administrateur-délégué de Flexos. L'internaute est passé du statut de spectateur à celui d'acteur. Aujourd'hui, il dépose du contenu sur des sites de partage de vidéos, de photos ou de musique. Les anciens systèmes de filtrage ne peuvent plus répertorier les sites "répréhensibles" en temps et en heure. Pour la simple et bonne raison qu'une page innocente peut devenir malsaine d'une seconde à l'autre. Les systèmes de sécurité classiques se référant à des bases de données de sites "dangereux" sont une technique du passé.»

Cybercriminalité

Le monde de l'entreprise s'en est rendu compte. Une réelle demande s'est fait sentir dès septembre dernier auprès de la société Flexos. Pour deux raisons. Un : les utilisateurs de ces réseaux sociaux online représentent autant de cibles potentielles pour les cybercriminels. Les sites les plus populaires sont détournés. «Tous les experts s'accordent à dire que les sites comme Facebook, Netlog ou MySpace inspirent de plus en plus les auteurs de programmes malveillants, explique Jean-Paul Rosette. Ils intègrent des codes malveillants dans des pages personnelles en profitant de différentes failles. L'internaute visite la page et télécharge, sans s'en rendre compte, ce code malveillant. C'est ainsi que des clients Dexia se sont vus débiter leur compte...»

Deuxième raison : quelques petits soucis de productivité au travail. Facebook devient une drogue. Certains ne peuvent s'empêcher d'aller vérifier toutes les heures si le compteur du nombre de leurs «amis» a encore tourné. Idem avec le «chat» sur MSN. Résultat : selon Joyce Proot, directrice commerciale de Flexos, «1 employeur sur 4 désire bloquer l'accès à ces sites vu la propension des employés à y surfer pendant les heures de travail. Or, nous estimons en moyenne à 1 000 € par mois le coût pour l'entreprise si 2 employés surfent quotidiennement une heure sur des sites improductifs.»

Si les grosses boîtes ont conscience de ce manque à gagner, les patrons de PME n'en mesurent pas toujours l'ampleur. Ou n'ont, en tout cas, pas les connaissances pour y remédier.

FN Herstal et Didi Motors

C'est ainsi que Flexos leur propose de bloquer techniquement l'accès aux sites de réseaux sociaux. Une cinquantaine d'entreprises ont déjà opté pour ce concept de sécurité externalisée : la FN Herstal, Test-Achats pour un millier de postes dans le monde entier ou, plus près de chez nous, les garages Didi Motors. «Suivant la volonté de l'employeur, la page Internet est bloquée ou autorisée avec avertissement à l'employé qui est informé qu'il surfe sur un site non approuvé par les règles de l'entreprise. Elle peut aussi être autorisée selon certains quotas d'heures, sur le temps de midi par exemple. Mais si la page Internet est affichée, les éventuels programmes menaçants sont automatiquement bloqués par la technologie unique "Outbreak Intelligence".»

Intéressé? Un site internet est consacré à cette nouvelle forme de sécurité informatique: www.security-as-a-service.com