Coralie Huberty, quinze ans et Rouche de plaisir

Elle fêtera ses 16 ans le 18 décembre prochain. Membre de l'équipe B du Standard Fémina, Coralie Huberty rêve d'une carrière pro.

Elle pourrait briguer les plus belles récompenses en karaté. Elle a opté pour le football. Avec raison.

Coralie Huberty défend les couleurs du club le plus prestigieux du football féminin national : le Standard Fémina de Liège. Certes, actuellement, dans le noyau B, celui qui participe au championnat de D3, une compétition dans laquelle évoluent trois phalanges luxembourgeoises, la JA, Tenneville et Sibret.

Mais à bientôt seize ans, cette jeune fille de Thibessart a tout l'avenir devant elle pour décrocher son Graal : « Une place de titulaire dans l'équipe A, voire plus tard une expérience à l'étranger comme professionnelle », lâche ce petit bout de femme d'un bon mètre cinquante.

Sa taille constitue peut-être un handicap, mais fan de Steven Defour qu'elle croise de temps en temps du côté de l'Académie, où elle s'entraîne chaque mercredi, Coralie Huberty sait qu'elle peut compenser cette faiblesse par un gros abattage et une technique supérieure à la moyenne.

« Je dois encore améliorer mes frappes du pied gauche », confesse celle qui évolue le plus souvent sur un flanc en défense.

À la JA et à Tenneville

Après avoir découvert le ballon à Mellier avec son frère jumeau Kévin (membre de l'équipe actuelle des U17 virtonnais), Coralie a rejoint l'équipe féminine de la RJA puis Tenneville. Et rapidement, les choses se sont précipitées.

Les choix de Coralie Huberty se sont avérés des plus judicieux puisqu'elle a rapidement tapé dans l'oeil des scouts de la fédération. « J'ai été sélectionnée dans l'équipe nationale des moins de quinze ans en 2006. Et participé aux qualifications pour le championnat d'Europe», rappelle-t-elle.

Deux buts en équipe nationale

Depuis trois ans, Coralie Huberty suit régulièrement les entraînements dispensés dans les installations de la fédération à Tubize.

Le mois dernier, elle a ainsi participé coup sur coup à deux joutes dans le cadre du premier tour qualificatif de l'Euro 2009 des moins de dix-sept ans. Et avec succès puisque la jeune Rouche y a signé ses deux premiers buts. L'un contre le Kazakhstan dans un match à sens unique, puisque gagné 12-0 par nos représentantes ; le second, lui, bien plus important puisque décisif pour arracher l'égalisation (2-2) et la qualification face au Danemark.

« Au second tour, nous serons opposées à l'Espagne, à la Tchéquie et à l'Angleterre. Les rendez-vous sont programmés au printemps », précise l'étudiante de l'IPES Seraing. Car pour des raisons d'ordre footballistique, avec deux à trois séances d'entraînement hebdomadaires, la jeune fille a été contrainte de changer d'école. « À la demande expresse du Standard, qui souhaitait que je puisse suivre la réparation le mieux possible.»

Non seulement Coralie Huberty a quitté l'ISMA Arlon pour Seraing, mais elle vit désormais en internat : « Au début, ce n'était pas très gai, mais rapidement je me suis fait de nouvelles copines. Désormais, je vis donc à Seraing la plupart du temps. Je rentre dans ma famille le vendredi soir. Mes parents me conduisent au match le samedi après-midi et je rentre à l'internat le dimanche soir », raconte celle qui est aussi la première supportrice de Martin Bouillon, son petit copain, qui évolue dans la ligne d'attaque de Louftémont.

« De football, il est donc souvent question à la maison. Si mon père préfère le karaté, qu'il pratique d'ailleurs aux côtés d'Aurélia, ma soeur aînée, je remercie vraiment mes parents, qui consentent beaucoup de sacrifices pour moi », note encore celle qui se voit bien se lancer dans une carrière d'architecte, si bien entendu, elle ne réussit pas à se frayer un chemin comme professionnelle dans l'univers du ballon rond.