Patrick Bruel voyage en  solitaire

INTERVIEW & VIDEO | Patrick Bruel a enflammé le Forum de Liège lundi et hier soir. Seul sur scène, ou presque, il a parcouru pendant plus de deux heures le répertoire de ses plus belles chansons.

Col roulé noir, jeans, la voix légèrement cassée par plus de 2 heures de spectacle sans entracte, Patrick Bruel nous a invités lundi soir à nous installer au premier rang d'un Forum qui vient tout juste de se vider. Une procédure plutôt inhabituelle pour un artiste. « J'ai jamais fait de conférence de presse après le spectacle mais cette fois, je ne voulais pas que les journalistes partent après les 4 premières chansons.» Souriant, décontracté, le chanteur nous donne ses impressions sur la soirée. «J'ai dû boire du thé sur scène car j'ai pris froid en sortant du train et je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit... En plus, j'ai très mal à la main car on m'a refermé un casque de moto sur le doigt cette après-midi! Mais je suis content, c'était une très belle soirée»

Face à une salle pleine à craquer, Patrick Bruel est apparu sur le coup de 20h40, de noir vêtu, guitare en bandoulière. «L'idée, c'était vraiment de venir sur scène comme j'irais dans le salon des gens. J'ai eu cette idée parce qu'un jour, j'avais été invité à un show télévisé au Québec. J'étais seul avec le présentateur et une guitare. Ce sont les gens qui décidaient de ce que je devais chanter. j'ai cru que j'allais tenir une demi-heure et en fait pas du tout.»

Visiblement un peu soucieux de son mal de gorge et dérangé par les quelques spectateurs qui le canardent de coups de flashs, Bruel se détend au fil des chansons. Devant son fidèle public, très hétéroclite, il retrace le chemin de sa vie et se livre avec beaucoup de sincérité et d'humour. «J'ai chanté des chansons que les gens n'ont plus entendues depuis longtemps parce que cette atmosphère particulière leur permet d'écouter attentivement les paroles» Bavard à souhait, Patrick Bruel n'hésite pas à partager les idées qu'il défend pour commenter la genèse de certaines chansons comme Combien de Murs ou Adieu.

Hormis ses incontournables succès comme Alors regarde, Place des grands hommes ou Qui a le droit, aux arrangements musicaux tout à fait inédits, l'artiste s'est aussi replongé dans ses anciens albums en chantant Est-ce que tu danseras avec moi?, Lâche-toi ou Peur de moi.

Un public à l'écoute

Et puis Bruel ne serait pas ce qu'il est sans ses incontournables choristes : le public. «Depuis toutes ces années, il y a des codes entre les gens et moi. Je les emmène, leur indique ce qu'ils doivent faire. Ils me suivent toujours avec un grand respect.» Une occasion aussi pour eux de découvrir l'excellent guitariste et pianiste qu'il est. «De par la position sur scène, le piano me protège d'avantage. Je suis beaucoup plus à nu avec une guitare.» Sans oublier l'harmonica qu'il a sorti, à la surprise générale sur Alors Regarde. Après une première partie tout en douceur, le chanteur s'est vu accompagné d'un autre guitariste pour faire monter l'ambiance d'un cran. Sous un jeu de lumière efficace, les gens se sont alors déhanchés sur Au Café des délices ou Marre de cette nana-là. «Le spectacle est chaque jour différent. Je n'ai jamais chanté Cassez la voix comme je l'ai fait làet demain ce sera encore autre chose».

L'artiste, en pleine composition d'un nouvel album a présenté une nouvelle chanson, dédiée à son ex-épouse et mère de ses enfants, Amanda Sthers. Chaque soir, Patrick s'offre également son petit plaisir en reprenant un titre d'un chanteur qu'il admire. Son interprétation de Life on Mars? de Bowie était d'ailleurs somptueuse. «Je choisis les chansons par rapport à ce qui m'a touché quand j'étais adolescent. Il m'arrive de décider ce que je vais chanter le soir même, quand je suis sur scène. (rires)»

Deux par deux, le public s'est enfin dandiné sur Mon amant de St Jean qui rappelait sa tournée Entre-deux.

Après deux rappels et une belle ovation du public debout, Patrick s'est alors éclipsé. Une heure plus tard, des dizaines de fans l'attendent encore dehors, dans le froid. Le phénomène Bruel continue.

+ Prolongez l'information dans l'Avenir, le Jour et le Courrier.