Fêtes de Wallonie: Picqué ému par l'invitation lancée à Bruxelles

Les Fêtes de Wallonie auront, pour la première fois de leur histoire une entité fédérée belge comme invitée d'honneur, en l'occurrence Bruxelles. Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, s'est dit ému par l'invitation. Dans quelques jours, les médiateurs royaux reprendront officiellement leurs consultations pour mettre sur pied un "dialogue interinstitutionnel" et la reconnaissance de Bruxelles s'apparente à une "véritable guerre des tranchées", a-t-il confié.

"A l'heure où d'autres remettent Bruxelles en question, je suis ému que nos amis wallons réaffirment le fait régional avec ferveur", a souligné M. Picqué lors de la conférence de presse au cours de laquelle le programme des Fêtes de Wallonie a été présenté.

Selon lui, cette invitation témoigne d'une volonté de rapprocher les populations mais illustre aussi une stratégie institutionnelle affirmant la Région bruxelloise au même titre que les deux autres Régions. Il n'est d'ailleurs, dit-il, pas question d'imaginer un débat institutionnel dont Bruxelles serait exclu. "On va se battre pour ça", a-t-il ajouté.

Le ministre-président bruxellois s'étonne des réticences flamandes à la présence de Bruxelles à la table des négociations. Il a rappelé que le poids donné à la minorité flamande dans les organes et le fonctionnement de la Région bruxelloise était une condition mise par la Flandre pour en accepter l'existence.

"C'est quand même un peu fort. Quand on a créé la Région bruxelloise, on a donné à la minorité flamande une place très importante. C'était une condition pour que cette Région existe", a-t-il expliqué.

La négation de Bruxelles n'est d'ailleurs pas sans conséquence. "Nier l'existence de la Région bruxelloise, c'est nier tout ce qui a été acquis dans les réformes passées", a-t-il averti.

Le ministre-président wallon, Rudy Demotte, a lui aussi rappelé que la Région bruxelloise devait avoir sa place dans le dialogue institutionnel. "C'est une question superflue. C'est clair, c'est évident: dans un passé récent, on a constitué la Belgique avec trois Communautés et trois Régions. Aujourd'hui, on est dans une logique où chaque Région doit être autour de la table des négociations", a-t-il insisté, rappelant la préférence que les francophones donnaient au fait régional.

L'invitation donnée aux Bruxellois pour les Fêtes de Wallonie s'inscrit dans ce cadre: "C'est la reconnaissance de l'intérêt et de l'affection de la Wallonie pour Bruxelles. C'est aussi sa pleine reconnaissance comme Région que nous avons voulu affirmer", a-t-il dit.

Le 20 septembre, outre M. Demotte et le président du parlement wallon, José Happart, M. Picqué prendra la parole lors des discours traditionnellement prononcés à l'occasion des Fêtes.