Gedinne: la tour du Millénaire va être démontée

Fleuron du tourisme, la tour du Millénaire ne fera pas de vieux... bois puisqu'elle va être démontée prochainement. Reste à voir la manière.

Il n'y avait guère de monde pour suivre le conseil communal, jeudi soir à Gedinne, où on a pourtant évoqué «l'avenir» de la tour du Millénaire. Celui-ci ne s'annonce pas rose puisque, dès la semaine prochaine, son sort sera définitivement scellé. On saura comment elle sera démontée. Une chose est sûre: la tour va être désassemblée. Contrairement à ce qu'on avait imaginé au départ, elle ne sera pas couchée pour permettre des travaux de restauration et remise sur pied. Les choses sont allées trop loin.

Un cadastre catastrophique

Alors qu'il était question de voter une libération de crédit afin de permettre des travaux à la tour du Millénaire, le bourgmestre Vincent Massinon a fait de long en large l'état de santé de la construction fait avec du bois du pays. Pas besoin d'être expert en douglas pour comprendre que la cause est entendue.

Les alpinistes qui sont montés sur la tour afin de la sonder ont eu rapidement une réponse à donner. Sans approfondir inutilement le sujet, ceux-ci ont rendu leur verdict. L'état du bois en hauteur est à l'image de ce que le touriste peut voir en bas. En clair, le bois est largement touché. À certains endroits, la mèche du carottage entrait sans résistance sur une longueur de 15cm.

Une issue fatale

Si, au départ, on a cru que l'avenir ne serait pas hypothéqué parce que les bois étaient surdimensionnés, des experts en stabilité venus au pied de la tour ont livré leur verdict: ce n'est plus bon. On peut, sans jouer avec les mots, dire que les bois indigènes ont joué... un sale tour à la construction qui domine le massif de la Croix-Scaille.

Ceux-ci n'ont, pour une raison encore non définie, pas tenu la route. Alors qu'on croyait la tour capable de braver les vents pour des décennies, celle-ci va devoir rapidement baisser pavillon. Pour le bourgmestre gedinnois, il y a urgence. Il faut à tout prix sauver ce qui peut encore l'être. La structure métallique est encore en état. Il est impératif de la préserver.

La transparence

Annoncer une nouvelle du genre n'est pas chose aisée. Afin d'être très clair, le premier citoyen a tenu à faire un historique des événements qui ont jalonné la courte existence de cette construction remarquable. Des interrogations se sont déjà posées en 2002 lorsque des champignons ont pointé le bout de leur chapeau. Après leur disparition, ce sont des fourmis qui sont parties à la conquête de la tour et de ses bois. Depuis le début de l'année, des cicatrices apparentes au pied de l'édifice en disent long sur son état. «Quand un médecin m'annonce une maladie grave, je vais voir un autre médecin pour avoir une confirmation», indique le chef de l'opposition Noël Suray sitôt les explications données. Par l'image, le conseiller invite à demander d'autres avis avant de passer à l'acte.

Aujourd'hui, visiblement, les choses n'en sont plus là. L'urgence est de mise, les jours de la tour sont comptés.