Les «ruraux» pourraient s'en souvenir

Les communes de Tournai, Antoing et Brunehaut ont remis un avis négatif sur le projet de parc éolien. Ce qui n'empêche pas d'émettre des remarques.

Caprices insondables de la météo: les bourrasques qui ont traversé récemment les villages de Saint-Maur, Ere, Wez, Jollain-Merlin et Bruyelle semblent avoir épargné la cour de l'Hôtel de Ville de Tournai. Aux confins de trois communes, le site éolien de Ventis était donc bien choisi, baptisé d'un nom poétique, TGV-TAB, comme pour rappeler aux riverains du TGV qu'un malheur n'arrive jamais seul...

Trêve de plaisanteries, passons aux choses sérieuses.

À Brunehaut (le 18avril) et à Antoing (le 22avril), il y a eu des réunions «citoyennes», à l'initiative des bourgmestres et organisées pendant la période d'enquête publique. À Tournai, rien de comparable.

C'est en vain que j'ai parcouru sur le site Internet de la ville, les comptes rendus disponibles des conseils communaux de Tournai, je n'ai rien trouvé d'autre que cette seule phrase, bien vague, extraite de la déclaration de politique générale 2006-2012: «le Collège s'est par ailleurs plongé (sic) dans le dossier des énergies alternatives et présentera bientôt un projet d'implantation de parc à éoliennes».

Rappelons aussi dans les colonnes du Courrier 28mars, les propos du Bourgmestre de Brunehaut: «J'ai proposé un projet aux villes de Tournai et d'Antoing, , pourquoi nos villes et communes ne financeraient-elles pas la construction de deux des huit éoliennes et récolter ainsi des profits pour nos finances communales?»

Pourquoi nos communes décideraient-elles d'investir précipitamment de l'argent public dans un projet nul pour l'emploi local et alors que ni les entreprises de la région, ni les particuliers n'ont de problème d'approvisionnement en électricité. Nulle part de chiffres sur une participation en capital ou une prévision de return, on croit rêver

Au vu des réactions des populations, cela ne déchaîne pourtant pas les passions: qu'on soit riche ou modeste, l'argent n'est pas tout dans la vie. Je connais des propriétaires fonciers aisés qui, par goût des beaux paysages et respect de leurs voisins, ont refusé les propositions alléchantes de promoteurs éoliens. Et j'ai aussi vu des gens modestes de St Maur et Merlin les larmes aux yeux devant les perspectives de dévaluation de leur maison (après tout, Monsieur Massy, ça sert aussi à ça d'être présent dans des réunions publiques).

Terminons sur une note urbanistique: huit éoliennes hautes de 149m (l'altitude du Mont-St-Aubert, ça vous dit quelque chose?) dans un coin de campagne aux points de vue superbes, jusqu'à 30km, et dépourvus de lignes à haute tension.

Je vous épargnerai les arguments écologiques (après tout, l'électricité nucléaire est aussi sans gaz à effet de serre (la seule vraie urgence écologique) et je vous renverrai à la sinistre réalité des revenus financiers des promoteurs éoliens, basée pour +/ - 70 % de leur chiffre d'affaires sur le mécanisme bureaucratique des certificats verts, allez sur le site www.ventderaison.com

La ville de Tournai a la moitié de sa population en zone rurale, ses paysages ruraux font partie intégrante de son patrimoine. Si ce projet éolien TGV-TAB passe, ce sera un précédent, avant d'autres endroits dans le grand Tournai (Esplechin, paraît-il). À l'intérieur de chaque parti, les ruraux pourraient s'en souvenir aux prochaines élections s'ils ne s'estiment pas défendus!

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