Joëlle Milquet: Oui aux titres-services "baby-sitting"

(photo EdA - Jacques Duchateau)

INTERVIEW | Joëlle Milquet compte pérenniser les titres-services. La ministre de l'Emploi souhaite les étendre à la garde d'enfants.

Joëlle Milquet, que comptez-vous faire avec les titres-services qui ont tant de succès auprès des gens?
Les pérenniser. On s'est battu pour ça. Et moi, je suis totalement pour les titres-services. Ils explosent parce qu'ils répondent à une réelle demande. Ils rendent des services aux gens à un prix tout à fait concurrentiel avec le travail au noir. Même avec les dispositions actuelles, le titre-service revient à environ 5 € pour l'utilisateur.

Les titres-services coûtent moins chers aux personnes qui peuvent les déduire fiscalement qu'aux moins nantis...
C'était exact en 2007. Environ 15  % des utilisateurs ne bénéficiaient pas de la déduction fiscale  : des petits pensionnés, des invalides, des familles nombreuses avec de petits moyens... À partir de 2008, tous les utilisateurs bénéficieront du même prix net, qu'ils paient des impôts ou non. Un crédit d'impôt a ainsi été prévu lorsque le revenu ne dépasse pas 22 870 €. Les titres-services régularisent du travail au noir et créent de l'emploi pour des personnes qui n'en avaient pas. Je suis pour.

Mais le système coûte un pont à l'État.
Ça coûte cher. Nous avons donc prévu un budget de 200 millions d'euros supplémentaires pour 2008. Et nous allons lutter contre la fraude. Par exemple, retirer l'agrément à des entreprises dont les responsables auraient été impliqués dans le passé dans deux faillites. L'Onem augmentera le nombre de ses contrôles à 300 entreprises en 2008. On recoupera les informations entre les différents services d'inspection de l'ONSS via une task-force. Une économie budgétaire devrait se faire de l'ordre de 10 millions d'euros grâce à ces mesures. On va aussi mener des enquêtes sur les ALE (agences locales pour l'emploi) pour traquer d'éventuels abus et voir ce qu'elles font avec les bénéfices liés aux titres-services.

Allez-vous étendre le système à la garde d'enfants?
Oui. À la garde d'enfants à domicile en dehors des heures d'ouverture des garderies reconnues. Et peut-être un peu aux activités de jardinage mais sans concurrencer le secteur des paysagistes. Ça peut aider beaucoup de familles.

Pour les enfants, l'ONE hurle. La Ligue des Familles grince des dents...
On s'est mal compris. L'idée n'est pas de faire n'importe quoi pour garder les enfants. Mais la vérité, ne nous voilons pas la face, c'est qu'il se passe n'importe quoi pour le moment. Ici on permettrait à des personnes, moyennant une formation, de garder des enfants ponctuellement hors des heures des garderies et crèches. Mais si on ne trouve pas un accord, bon. Discutons. C'est tellement compliqué de travailler, ou retravailler, pour les femmes qui ont des enfants.

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