BARVAUX

Brûlés, ils voulaient sniffer du gaz

Un mois après Andenne , cinq adolescents ont provoqué une explosion à Barvaux, après avoir reniflé du gaz. Deux sont grièvement blessés.

Le quartier résidentiel sur les hauteurs de Barvaux est d'habitude bien tranquille. Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 0h40, il a cependant connu le drame.

On est au 64 de la rue des Alisiers. Les parents et deux de leurs enfants dorment à l'étage. Pendant ce temps-là, dans un sous-sol aménagé en chambre, leur fils a invité quatre de ses amis, trois garçons et une fille. Ils sont âgés de 13 à 17 ans.

Dans ce lieu confiné, les adolescents inhalent du gaz contenu dans des recharges de butane pour briquets. Une vingtaine ont été retrouvées dans la chambre. Des mégots de cigarettes ont également été retrouvés dans un cendrier. L'explosion était inévitable.

Les jeunes ont été brûlés au niveau du visage et du thorax. Deux d'entre eux, une jeune fille de 13 ans et un adolescent de 14 ans, sont plus grièvement touchés. Brûlés au 2e et 3e degré, ils ont été emmenés par l'hélicoptère de Bra-sur-Lienne vers le centre des grands brûlés de Neder-over-Hembeek (Bruxelles). Ils sont actuellement plongés dans un coma artificiel afin d'atténuer leurs souffrances.

Les trois autres, âgés de 15 à 17ans, ont été transportés par les ambulances de Marche et Érezée au CHU de Liège.

Selon le parquet de Marche, qui a ouvert une enquête, leurs jours ne seraient pas en danger, mais ils pourraient garder des séquelles physiques. Le parquet de Marche précise encore que le jeune de 17 ans, qui recevait ses amis chez lui à Barvaux, pourrait plus tard être présenté au juge de la jeunesse ou fairel'objet de mesures de Protection de la jeunesse.

Une centaine de recharges retrouvées à Barvaux

Ce week-end, les familles étaient évidemment sous le choc. Philippe Bontemps, Le bourgmestre de Durbuy, venu les réconforter, a indiqué: «Une centaine de recharges de gaz pour briquets avaient déjà été découvertes il y a quelques jours par des ouvriers communaux à proximité du bâtiment Belgacom, situé à une centaine de mètres de ce quartier. Ils avaient alerté la police de Durbuy qui était en train de mener une enquête quant à leur origine.

Une commerçante toute proche, confirme que ces recharges sont fréquemment en rupture de stock dans son magasin ces derniers temps.

Moins d'un mois après Andenne

Rappelons que le 13mars dernier, quatre jeunes filles, qui avaient allumé une cigarette après avoir inhalé du gaz d'une recharge de briquet, avaient provoqué une explosion à l'hôtel de ville d'Andenne. Le bourgmestre Eerdekens avait pris le lendemain une ordonnance de police interdisant aux commerçants andennais de vendre des recharges de gaz pour briquets aux mineurs. Interdiction prévue pour trois mois. Dans un premier temps, le bourgmestre de Durbuy n'entend pas prendre une telle mesure d'interdiction «Interdire la vente de ces recharges nécessite une réflexion à un niveau supérieur. Si on l'interdit à Durbuy, cela reste très facile de s'en procurer dans les communes voisines. La prévention doit être intensifiée sur toute la Communauté française pour éviter que de tels drames ne se reproduisent», conclut Philippe Bontemps.

Il est indispensable de rappeler aux jeunes que «sniffer» du gaz n'est pas sans danger et entraîne des lésions irréversibles, notamment au niveau du cerveau et du foie. Il détruit très rapidement les poumons. Sans compter les risques d'explosion.J.B.