Un mojito en 30 secondes chrono avec Drink it Fresh - 19/12/2016 07:50:00

Uccle -

Difficile de préparer le cocktail tout en déballant les cadeaux. Pour vous faciliter la vie durant les fêtes, vous pourriez opter pour les mojitos «en sachet» de Drink it Fresh. La start-up bruxelloise garantit des ingrédients frais et un cocktail en 1 minute. On teste.



 

+ NOTRE SÉRIE | Toute cette semaine du 19 au 23 décembre, retrouvez 5 produits de bouche bruxellois à servir sur vos tables de fête.

+ Ce mardi 20/12: plongée dans les caves à chicons bruxelloises et recette de chicons braisés à la bière et sauce à l’orange.

+ RELISEZ | Notre série «Bruxelles sur votre table de fêtes» version 2015: des plantes à l’apéro avec Simone a Soif, du saumon en entrée avec Le Carré Bleu, des shiitakes en plat avec Le Champignon de Bruxelles et des biscuits en dessert avec Generous

 

«J’adore préparer des cocktails. Dans les soirées entre potes, j’en faisais un ou deux. Puis les gens revenaient pour que j’en resserve. Ils adoraient. Je passais ma nuit à ça. Ma femme me le reprochait: elle disait d’arrêter et de profiter de la soirée pour discuter un peu».

Alors François Adam a planché sur le concept: il voulait garder la main sur le bar, s’assurer que les meilleurs ingrédients frais restent dans le verre mais éviter de presser des citrons de minuit à l’aube. Résultat: des cocktails en dosettes surgelées, 100% naturels, auxquels vous ne devez ajouter que la lichette de rhum ou de vodka, quelques glaçons, de l’eau et une paille.

«On a lancé Drink it Fresh avec ma femme Olivia et mon grand frère Damien mais je suis le seul à temps plein pour l’instant. Je suis ingénieur commercial mais j’ai quitté la consultance: je voulais du concret. J’adore la gastronomie. Et le cocktail, c’est une vraie passion. C’est un peu bizarre d’avoir une passion liée à l’alcool mais bon, en vivre, ça serait super!», confie l’Ucclois devant un meuble à bouteilles mieux rempli qu’un bar de Flagey, où les logos des multinationales n’ont pas droit de cité.

Les premiers tests remontent au début 2016. Mais c’est à l’été, avec l’ouverture d’un pop-up store à Ixelles que les ventes démarrent. Quand l’envie de mojito vient avec le soleil. La gamme Drink it Fresh se compose de 3 cocktails: le mojito classique (citron vert, menthe, sucre de canne), le «mojiberry» à la framboise, et le «Belgian mule». Pas de chicon ni de chocolat dans cette déclinaison noir-jaune-rouge du mondialement célèbre «Moscow mule», traditionnellement shaké à la ginger beer. «Nous, on remplace la bière de gingembre par du gingembre frais. On garde le citron vert mais on ajoute une touche de concombre. Ça marche bien avec de la vodka», assure le mixologiste désormais passé pro.

On enfourche un tabouret de bar pour en savoir un peu plus: «Garçon! Un mojito bruxellois, s’il vous plaît!»

«Gagner du temps, éviter le gaspillage»

François Adam, pourquoi ces dosettes de cocktails «prêts en une minute»?

Un cocktail, ça prend du temps. Il faut faire les courses, puis couper les fruits, les presser... Donc je dirais que c’est pour ceux qui ne veulent plus y passer des heures mais sans faire de concession sur le goût et la qualité des ingrédients. Dans nos dosettes, conditionnées par 6, tout est frais et prêt à l’emploi. Les ingrédients «visibles», c’est pour le côté déco. Pour les soirées, on propose aussi le «party pack» avec 14 dosettes: là, il suffit d’ajouter une bouteille de rhum entière et c’est prêt.

Le cocktail doit avoir une part créative: comment la conserver avec ces mélanges?

L’alcool que vous ajoutez reste évidemment libre. Par exemple, vous pouvez remplacer le rhum par du champagne pour un mojito royal. Ou n’ajouter que de l’eau pour les cocktails sans alcool.

Les pros, l’horeca ou les organisateurs d’événements, pourraient aussi recourir à vous?

Ça a déjà été le cas. Notre produit présente deux avantages: il fait gagner du temps et évite le gaspillage. Quand on organise une seule soirée, c’est difficile de prévoir des ingrédients frais en quantité exacte. D’autant que les ventes de mojito peuvent dépendre de la météo. Ici, pas de problème.

Et dans les bars?

Les bars qui ont du gros débit pourraient aussi y gagner car, souvent, la qualité des cocktails dépend de la motivation des barmans. Certains les bâclent parce que ça prend du temps.

Les ingrédients, d’où viennent-ils?

Forcément, les citrons verts viennent d’assez loin: du Brésil. La menthe vient du Maroc. Par contre, les framboises sont belges. On les achète et on les conditionne en saison et comme on surgèle directement, c’est parfait.

Vous fabriquez vous-mêmes?

Nous avons commencé par fabriquer nous-mêmes en cuisine partagée puis on s’est tourné vers Travie, un atelier de travail adapté à Anderlecht. Bien sûr, on reste à l’origine des recettes.

Vous comptez diversifier la gamme?

Pas pour l’instant: notre but est d’abord de trouver des lieux de distribution à Bruxelles et en Wallonie. On sortira peut-être des éditions saisonnières, pour la Saint-Valentin par exemple. On a déjà testé des variantes assez puissantes au basilic thaï et citronnelle. On planche aussi sur des recettes signées par des mixologistes renommés.

Il y en a?

Bien sûr. Le plus fameux, c’est Sergio Pezzoli, seul Belge champion du monde. Ça remonte à 2005. Il a travaillé dans de grands palaces. J’ai eu la chance de le rencontrer et il nous a donné quelques conseils pour nos recettes.

Le cocktail: le Belge aime ça?

Je pense que la Flandre est «en avance» sur les tendances rayon cocktails par rapport à Bruxelles et à la Wallonie. Mais en général, la Belgique est à la traîne. Ce sont quand même les USA qui impriment le rythme. Évidemment, notre pays paye peut-être aussi dans le domaine son goût pour la bière.

Le prix est peut-être aussi un repoussoir...

C’est sûr que dans un bar, un bon cocktail démarre à 7,50€ pour grimper jusqu’à 12 ou 13€ je dirais. De notre côté, la dosette se vend 2€ donc je dirais que vous pouvez déjà obtenir un très bon cocktail pour 3,5€ si vous optez pour un alcool premium.

Votre conseil «ultime» pour la sélection d’alcool?

Mon favori, c’est le rhum blanc 3 ans d’âge. Il correspond à la recette originelle des Caraïbes et s’assortit parfaitement au sucre de canne. Il a du caractère, un beau nez et une rondeur caramel. Le rhum brun peut aussi fonctionner pour varier les plaisirs. Mais il est moins neutre et, à mon avis, il masque les arômes de fruits.

+ Drink it Fresh est disponible en dosettes individuelles au supermarché bio et local Belgomarkt, rue de Dublin 19 à 1050 Ixelles. Commandes possibles (packs de 6 dosettes, 12€) via le site web de Drink it Fresh, à réceptionner au 54 avenue Oscar Van Goidtsnoven, 1180 Uccle (Altitude 100)

+ Drink it Fresh a lancé une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank

 

Quelle différence avec les prémix des grandes marques?

Bien sûr, les rhums, gins, whiskys et vodkas aux logos mondialement connus sont tous présents sur le marché avec leurs propres recettes de cocktails. Encore plus «pratique» que les dosettes uccloises, puisque l’alcool est déjà fourni.

Mais d’après François Adam, la différence entre son produit et les prémix des multinationales est assez évidente. «Ces bouteilles sont bourrées d’additifs, d’acide citrique, de conservateurs, de colorants. Ces boissons sont très sucrées et, à mon avis, plutôt infâmes. Ensuite, les multinationales veulent vendre leur alcool: ça ne vous laisse pas le choix du vôtre».

Médicament, colle, vinaigre

Pour être complet, ajoutons que L’Avenir a évidemment fait le travail jusqu’au bout. Nous avons donc testé la dosette «mojito» de Drink it Fresh pour la comparer à un mélange mojito proposé par une marque de rhum bien connue: à notre humble avis, il n’y avait pas photo.

Au nez, la création de François Adam est fraîche et mentholée. Elle acquiert de la rondeur en bouche avec le rhum 3 ans d’âge choisi par son créateur puis termine sur une note d’agrume prononcée, un peu acidulée. Le «tout prêt» de supermarché pour sa part, sent le citron mais n’a pas beaucoup de nuance: il nous semble à la fois trop sucré et vinaigré, avec un goût de médicament ou de colle assez artificiel. Et sans un seul soupçon de menthe, absente de la liste des ingrédients.

 

Interview : Julien RENSONNET (L'Avenir)