À moins d’avoir vécu «dans une grotte» depuis l’annonce de l’opération, le 1er avril dernier, impossible d’ignorer que ce jeudi est «la» journée du «flashage» général sur les routes, explique Benoît Godart, porte-parole de l’Institut belge de sécurité routière (IBSR). Dans 131 des 195 zones de police du pays, «soit deux sur trois» explique Tine Hollevoet, à la police fédérale, des contrôles de vitesse vont être effectués. Les radars fixes vont être activés; et les radars mobiles installés aux endroits (il y en a eu 52 000!) désignés par la population.

1. Le choix de la date

Pourquoi ce jeudi de vacances, où la circulation est plus fluide qu’en temps normal? Les visites des présidents états-unien puis chinois en Belgique ont mobilisé les forces policières, avance Benoît Godart. «Surtout, on s’inscrit dans la semaine européenne de lutte contre la vitesse inadaptée, et cela cadre avec la campagne de l’IBSR sur le même sujet», précise Tine Hollevoet.

2. Sensibiliser

Le but n’est pas de récolter un maximum de PV, mais de sensibiliser les usagers «qui sont bien informés de l’opération», insistent les deux porte-parole. «La vitesse excessive provoque un tiers des accidents», rappelle Bruno Godart. «Elle coûte la vie à 750 personnes par an: c’est l’équivalent de trois Boeing», illustre Tine Hollevoet.

3. Au bon endroit?

Les endroits désignés par le public sont-ils les plus dangereux, ou bien la plupart des gens ont-ils désigné un endroit proche de chez eux, quitte à laisser les usagers appuyer sur le champignon un peu plus loin? «La plupart des contrôles ne sera pas effectuée sur autoroute, et il est logique que les personnes aient suggéré des endroits qui leur sont proches: près de leur domicile, de l’école des gosses, ou de la crèche», explique Tine Hollevoet. «Mais ces endroits ont été communiqués aux zones de police locale, qui jugent de la pertinence d’y effectuer ou non des contrôles».

4. Permis à point?

Le seul moyen de réduire la vitesse ne serait-il pas, en fin de compte, l’introduction du permis à points? « En France, c’est surtout l’installation de radars automatiques qui a fait chuter la vitesse moyenne de 10 km/h» rappelle Benoît Godart. «Mais on a constaté aussi que le nombre de conducteurs circulant sans permis y augmentait. Et que certains “ vendaient ” illégalement leurs points par internet».