La vigne pleure

«La vigne vient d’être taillée. Avec la météo favorable que nous connaissons depuis quelques semaines, elle a relancé son cycle végétatif et du coup la vigne pleure beaucoup. On a déjà des bourgeons qui pointent le bout du nez. Nous sommes au moins 3 semaines à l’avance», s’inquiète Corinne Pernot qui exploite quelques hectares de vignes du côté de Morgon. «Que la vigne soit aussi avancée, en soi, ce n’est pas trop grave. Par contre si on a de grosses gelées, et c’est possible en cette saison, on perdrait ces premiers bourgeons. On devra attendre le second mais ce n’est pas assuré à l’avance. C’est fort aléatoire. Pour le moment, on craint le pire. On sait que l’année est toujours un peu plus difficile lorsque Pâques tombe tard. Et comme c’est le cas cette année… On sort de deux années difficiles. Une troisième serait problématique. »

«Impossible de l’arrêter»

Du côté de Savennières, c’est aussi l’inquiétude. Si dans la plaine, la vigne tarde encore à faire paraître son exubérance printanière, sur le coteau, bien exposé au premier rayon du soleil, la vigne a comme des fourmis dans les pampres. «Une fois que la vigne est lancée, c’est impossible de l’arrêter», confirme Pascal Laffourcade qui exploite quelques vignes du côté de Rochefort-sur-Loire. « Nous avons eu un hiver relativement clément. Il nous a permis d’avancer les travaux à la vigne. La voir démarrer de la sorte n’a rien de rassurant. On doit encore passer au travers des grosses gelées. Une récolte peut être gâchée en quelques heures. Cela, on ne peut rien y faire. C’est la nature. Je ne serai rassuré que lorsque le raisin sera en cuve.» Pour cela, il faudra encore attendre sept petits mois.P.J.