Les caisses de l’État perçoivent chaque année 100 milliards de recettes fiscales, mais elles devraient théoriquement en toucher 30% de plus, exposent John Crombez.

«Nous payons donc 30% d’impôts de trop parce qu’une part considérable de la population ne paie pas ses impôts ou en paie trop peu», raisonne-t-il, dans ce livre intitulé «Zwart en Wit» («Noir et Blanc»).

La Belgique se situe ainsi dans le peloton de tête des pays européens les plus enclins à tromper le fisc, selon lui. «La fraude est aussi belge que la bière ou les frites», résume John Crombez.

Il n’y voit cependant aucune fatalité. «Prenez les carrousels à la TVA. Il y a dix ans, on perdait encore 1,1 milliard d’euros de recettes avec cette fraude. Aujourd’hui, la perte a été ramenée à 18 millions par an».

Une baisse de la charge fiscale ?

Le socialiste n’exclut pas une baisse de la charge fiscale: «si les revenus de la lutte contre la fraude augmentent, une diminution globale de la fiscalité est possible sans détricoter la protection sociale».

Interrogé sur le débat actuel sur la fiscalité de l’épargne, John Crombez a tenu à rappeler qu’il ne s’agissait que d’un volet de la réforme. «Presque aucun Belge ne parvient au seuil de 1.880 euros d’intérêts et revenus. Les multinationales qui ne paient pas d’impôt et l’évasion vers les paradis fiscaux sont des sujets bien plus importants à débattre».

Selon John Crombez, le montant de l’épargne que les fraudeurs belges placent au Luxembourg et en Suisse varie encore de 40 à 80 milliards d’euros.