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« On s’est peut-être vu trop beau... » Toujours affable face aux médias, Kevin Mirallas a sans doute eu le mot juste mardi soir après la déconvenue face au Japon (2-3), cinq jours après la défaite contre les Colombiens (0-2). C’est vrai qu’on se plaisait bien à se voir en haut de l’affiche brésilienne. Forts de notre bond de près de 50 places au classement FIFA, de notre statut de tête de série, de notre campagne qualificative quasi parfaite (26 sur 30), joueurs, supporters et, avouons-le, médias se sont mis à planer.

Et plus dure est la chute. Le match nul contre le pays de Galles le mois dernier devait servir d’avertissement. Mais les leçons n’ont visiblement pas été tirées. Comme face aux Britanniques, les Diables ne sont pas parvenus à garder l’avance après avoir ouvert le score contre les Nippons. Face au 44e mondial... « Un petit relâchement », concède Axel Witsel. « On s’est laissé endormir », surenchérit Steven Defour. Autant de péchés au moins en partie imputables à la jeunesse d’un groupe dont la moyenne d’âge est de 24 ans si l’on excepte les doyens Timmy Simons et Daniel Van Buyten.

Car c’est là que le bât risque de blesser dans sept mois: l’inexpérience! Les Japonais viennent d’être tournés en bourrique l’été dernier lors de la Coupe des Confédérations. Ils en récoltent aujourd’hui les fruits en relevant brillamment la tête. Chez nous, seuls les deux doyens du noyau ont connu un grand tournoi au niveau pro. Notre «génération dorée» a certes atteint les demi-finales de l’Euro U21 en 2007 puis aux JO de Pékin un an plus tard. Mais Rome ne s’est pas fait en un jour. Rio non plus. La prochaine Coupe du monde devra permettre à cette prometteuse équipe d’arriver à maturité.

Avant l’épopée de Mexico 86, les Diables de Guy Thys avaient au préalable faits leurs armes lors des trois grands tournois précédents. Autre exemple: la France s’était d’abord fait les dents en atteignant les demi-finales de l’Euro 96 avant d’être sacrée championne du monde deux ans plus tard. Le toujours pertinent Bixente Lizarazu, qui sait de quoi il parle vu qu’il a vécu ces rendez-vous avec les Bleus, disait d’ailleurs en août dernier: «Je vois la Belgique au sommet à l’Euro 2016. Les joueurs vont se servir du Mondial pour prendre confiance en eux et frapperont fort à l’Euro.» Une compétition qui aura lieu en France, sous des lattitudes que l’on connaît et auxquelles il ne faudra pas s’adapter.

En attendant, lors du tirage au sort le 6 décembre prochain, notre plat pays sera sans doute le petit Poucet dont toutes les autres nations voudront hériter du pot 1. Passer le 1er tour serait déjà une performance raisonnable. Et puis après, on se sait jamais, «sur un malentendu, ça peut passer» comme dirait l’autre.