Près de 3,5 millions de pages de journaux belges numérisées , ça donne le tournis! C’est pourtant un des chiffres forts du rapport annuel 2012 de la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) qui s’est lancée, depuis 2008, dans plusieurs projets de numérisation. «Les bibliothèques patrimoniales, explique Frédéric Lemmers, responsable et coordinateur de cette numérisation, ont été entraînées rapidement dans la dématérialisation, principalement dans la foulée de Google. Or, pour nous ça présente de nombreux avantages.»

Les bibliothèques comme la KBR ont en effet deux missions légales à remplir. D’un côté, préserver le patrimoine et de l’autre, le mettre à disposition de la collectivité. «Avec la numérisation, poursuit Frédéric Lemmers, on peut remplir ces deux conditions avec un budget unique. Non seulement on donne un accès plus vaste mais on préserve les collections.» Un exemple? «Ce n’est pas un hasard si nous avons d’abord lancé, en 2008, la numérisation d’une partie des journaux conservés ici. Le papier journal est fragile. Ces collections avaient déjà été copiées sur microfilms mais la numérisation permet de donner un accès nettement plus important et plus rapide.» Si la KBR a décidé de «limiter» cette numérisation aux 70 journaux les plus importants, sur une période allant de 1830 à 1950, cela représente déjà près de 3,5 millions de pages et le travail est toujours en cours. Seul bémol, impossible de les consulter de son fauteuil! «C’est tout simplement une question de droits d’auteur, l’accès doit se faire dans notre salle des journaux. Certains ne le comprennent pas. Et je pense qu’il faudra sans doute un jour que la loi évolue… Mais nous sommes naturellement obligés de rester dans la légalité!»

Pas de problème en revanche si vous désirez découvrir la carte de votre commune à la fin du XVIIIe siècle… Le site Belgica, portail numérique de la bibliothèque vous conduira en quelques clics vers les cartes dressées par Joseph Ferraris pour Marie-Thérèse d’Autriche, à partir de 1771. «Nous numérisons aussi nos fonds sonores. Nous avons plus de 100 000 phonogrammes. Et là c’est un réel avantage de pouvoir les numériser. Il s’agit souvent de supports, comme les cylindres en cire, qui s’abîment à chaque écoute… Et qu’il était impossible d’écouter auparavant. C’est désormais possible partout.»

Le public visé est tout autant celui des étudiants ou des chercheurs que monsieur «tout le monde». «Pour l’instant, notre priorité n’est pas encore de pouvoir quantifier les visiteurs de notre site. Mais ce que nous avons remarqué et c’est partagé par d’autres bibliothèques, dans d’autres pays, c’est que cette numérisation a donné un souffle nouveau à nos institutions qui ont évolué et continuent à le faire. Au final, partout nous enregistrons une augmentation de la fréquentation!»

belgica.kbr.be