Soyons fous, et arrondissons le montant: cela donne un peu moins de 20€ brut, par an. En net, c’est une boulette frite sans la tomate et la boisson. Voilà une pension qui laisse pantois. Et sur sa faim. Le courrier est tombé dans la boîte aux lettres de l’intéressé, la semaine dernière.

L’homme ne va pas en conserver un goût de trop peu. Il est, heureusement pour lui, pensionné officiellement dans un autre secteur, plus lucratif.

Mais il a en néanmoins eu la chique coupée quand il a réceptionné la missive. Forte de 7 pages recto verso. Il en a avalé son café de travers lorsqu’il a ouvert son courrier qui lui demandait de préparer son dossier de pension comme travailleur salarié. Dans la mesure où il est à la retraite depuis deux ans, les doutes n’ont pu qu’envahir un esprit jusqu’alors serein. Quel grain de sable venait gâcher une oasis de quiétude?

La lecture du document titillait sa curiosité et l’annexe première le plongeait dans l’expectative: il découvrait ainsi qu’il y a plus de 35 ans d’ici, il a travaillé 25 jours pour un montant de 523€ ainsi que l’espace de quelques heures une dizaine d’années plus tard.

C’est la «toute petite» cerise sur un gâteau bien garni. Parce qu’il ne faut pas faire la fine bouche, pour l’obtenir, cette cerise, il devra travailler jusqu’à l’âge légal de la pension, 65 ans. Ou, on ne sait plus trop combien d’années de carrière.

Alors? Oui, cela fait sourire et donne cette impression d’une administration imperturbable et procédurière qui ne s’interroge pas sur l’opportunité d’une telle démarche. Rien que le temps consacré et le coût des démarches pourraient doubler cette pension pour les 20 années à venir.

Non, cela est rassurant. Tout simplement. Dans les dédales d’une vie professionnelle qui est de plus en plus sujette au saucissonnage, on veille sur vos vieux jours. Même si, dans ce cas, ils ne s’annoncent guère gras.