D’abord, il y a eu «la victoire, militaire sur le M23, qui a mis fin à la balkanisation du Congo», pose François Muamba. «Maintenant, il faut passer au démarrage économique, en montrant à la population, et aux membres de milices armées que la paix peut être rentable», poursuit le coordonnateur du Mécanisme national de suivi, en République Démocratique du Congo (RDC), de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.

Conclu le 24 février 2013 dans la capitale éthiopienne, le texte est signé des dirigeants de la RDC, du Rwanda, du Burundi, de la Centrafrique, de la Tanzanie, de l’Ouganda, de l’Afrique du Sud, de la Zambie, de l’Angola, et du Sud-Soudan. Et le Nord-Soudan et le Kenya semblent vouloir s’y associer. De quoi illustrer le propos du ministre belge de la Coopération, rentré hier d’une visite en RDC et au Rwanda: le redémarrage du Congo et de ses voisins passe par une solution régionale.

DDR

L’élimination du M23, par l’armée congolaise avec le puissant soutien de la force d’intervention de la Monusco (Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo) a changé la donne. Mais il reste, au Nord et au Sud-Kivu notamment, des groupes armés à réduire. Dont les milices Interahamwe, qui forment l’ossature du Front Démocratique pour la Libération du Rwanda (FDLR), repliées dans l’est du Congo depuis vingt ans.

À tous ces groupes, le gouvernement congolais a présenté, à la fin février, une proposition d’amnistie qui vaut pour six mois. «Amnistie individuelle, et plus collective, qui tombe en cas de récidive», insiste François Muamba. Amnistie, aussi, inaccessible «à une centaine de personnes, identifiées, coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité».

L’acronyme DDR désigne l’opération: Démobilisation, Désarmement et Réinsertion sociale, ou Rapatriement.

Dans le cadre de leur réinsertion, les miliciens qui rendent les armes seraient éloignés, pour au moins huit mois à un an, de la région où ils ont sévi.

L’opération est loin d’être gagnée. Sur le terrain (cf. ci-contre), elle laisse sceptique.

L’accord-cadre pèse surtout sur le Congo. «C’est chez nous que les conflits se déroulent», objecte François Muamba. Et «les obligations réciproques» impliquent tous les États signataires.

L’Europe et la Belgique, avec des projets transnationaux en matière d’infrastructures ou d’énergie, ont leur pierre à y apporter. C’est un des messages portés cette semaine, de Kinshasa à Kigali, par Jean-Pascal Labille et par le commissaire européen au Développement, Anders Piebalgs.