Les chiffres interpellent: 23% des affiliés aux Mutualités Libres souffrent d’au moins une maladie chronique. Ces patients génèrent 64% des dépenses de l’assurance-maladie obligatoire. La dépense annuelle moyenne d’une personne souffrant d’au moins une maladie chronique est de 5 076€ contre 859€ pour une personne «normale».

«Il y a une explosion des maladies chroniques dues à différents facteurs, explique Xavier Brenez, directeur général de l’Union nationale des Mutualités libres. Notre mode de vie induit une série de maladies chroniques comme l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Il y a aussi la pollution qui provoque de l’asthme, des maladies respiratoires. Et puis, l’espérance de vie a augmenté, avec les progrès de la médecine on vit avec certaines maladies alors qu’auparavant on en mourait. Le vieillissement de la population entre aussi en ligne de compte : plus on est âgé, plus on risque de développer une ou plusieurs maladies chroniques ».

Cette étude menée auprès de deux millions de personnes a mis en évidence deux groupes de maladies chroniques : les coûteuses et fréquentes (l’hypertension, la dépression, le diabète) et les très coûteuses mais plus rares (l’insuffisance rénale, les troubles mentaux, la maladie d’Alzheimer).

Une mutation en profondeur

Pour Xavier Brenez, il est urgent que les politiques ayant en charge les soins de santé se mobilisent.

«On a un très bon système de soins de santé mais si on met en parallèle les tendances à long terme que sont les maladies chroniques, le vieillissement de la population, le prix de plus en plus élevé de certains traitements… avec la croissance des dépenses de l’assurance-maladie qui est de 4 à 5% par an, il y a franchement de quoi s’inquiéter!On va devoir trouver des moyens au sein du système de manière à pouvoir traiter, accompagner ces malades, leur donner accès aux nouvelles thérapeutiques,….Notre système est très lent à faire évoluer: il y a les mutuelles, les prestataires, les gouvernements,… La sixième réforme de l’État ne va pas arranger les choses, ce sont maintenant sept ministres de la santé qui doivent se mettre autour de la table».

Et le statut de malade chronique qui entrera en vigueur en janvier 2014 et qui permet aux patients de débourser moins d’argent? C’est loin d’être suffisant pour le big boss des Mutualités Libres qui prône une réforme en profondeur. «Notre système de soins de santé a été conçu pour gérer de manière réactive, ponctuelle et isolée des maladies aiguës de courte durée. Les maladies chroniques demandent une approche totalement différente : préventive, multidisciplinaire et planifiée

Et de mettre l’accent sur la prévention secondaire afin que le malade chronique se soigne correctement histoire d’éviter les complications. Une étude récente a montré que 50% des malades chroniques ne prennent pas leur médication.

Autre piste : privilégier les filières moins onéreuses mais qui donnent la même qualité de soins comme la dialyse à domicile plutôt qu’en milieu hospitalier.

Pécisons encore que les maladies chroniques feront l’objet d’une discussion lors de la conférence intergouvernementale entre les 7 ministres de la santé qui se tiendra en février.Ca.D.