«Être écrivain, c’est raconter des histoires, mais c’est aussi convoquer des images. » Stephen King s’y est même essayé directement, réalisant le catastrophique Maximum Overdrive d’après sa nouvelle Trucks, conte sur des camions et autres objets mécaniques prenant le contrôle de la planète.

Forcément, au fil d’un catalogue de plus de 50 romans, le cinéma s’est intéressé à son œuvre. Pour le meilleur: Shining de Kubrick, qu’il a toujours renié (« parce que l’Overlook à l’image est froid, et qu’il est bouillant dans le livre»), Carrie de de Palma, ou Misery de Rob Reiner. Pour le pire aussi: Cujo, Les Tommyknockers et une dizaine d’autres.  Même les plus grands s’y sont cassé les dents: David Cronenberg a fait de Dead Zone un téléfilm maussade forçant l’immense Christopher Walken à oublier son talent. Et le maître du genre John Carpenter a transformé «Christine» en une Plymouth Fury de foire.

Parce que King ne s’épanouit que dans les textes longs, c’est logiquement à la télévision – les teleplays comme on dit au pays de l’Oncle Sam – que son œuvre résonne au mieux. Sous le dôme, actuellement sur écran, déploie toute la magistrale science de l’écrivain à tracer des portraits d’humains confrontés à l’inhumain. On pense également à Rose Red, téléfilm de quatre heures sur le thème éculé de la maison hantée que King revisite avec panache. Ou à la Tempête du Siècle fable apocalyptique sur le même format.

C.F.

Ce soir, Stephen King est sur France 5, dans l’émission «La Grande Librairie» de François Busnel. À 20h40.