«Durant les deux prochaines années, notre objectif est de placer la Wallonie sur la carte du tourisme mémoriel.» Ce message clair, c’est Paul Furlan, ministre wallon du Tourisme, qui l’a délivré lors de son passage cette semaine au World Travel Market de Londres (où Wallonie-Bruxelles possède un stand), le plus grand salon pour professionnels du tourisme en Europe.

Comment va-t-elle procéder? En mettant des moyens financiers pour promouvoir le bicentenaire de la bataille de Waterloo (et la route Napoléon, lire par ailleurs), mais aussi, bien sûr, pour attirer de nombreux touristes sur les lieux de mémoire de la Guerre 14-18 dont on célébrera l’année prochaine le centenaire.

Concernant ce centième anniversaire, Furlan veut, notamment consacrer des moyens financiers à des projets commémoratifs, mais également patrimoniaux, puisque de l’argent sera consacré dans ce cadre à la restauration de monuments aux morts.

«Je voudrais, à terme, que chaque commune de Wallonie puisse avoir un monument aux morts digne de ce nom», dit-il.

Les Anglais très friands

Si la Wallonie veut mettre le paquet sur 14-18, c’est parce qu’elle sait que le potentiel touristique est énorme. Notamment au niveau des pays anglo-saxons, et particulièrement des Britanniques, grands amateurs de tourisme mémoriel. Pas étonnant quand on sait qu’un Anglais sur six a un aïeul ayant participé la Grande Guerre. C’est ce qu’explique Graeme Cooper, de la Guilde britannique du tourisme des champs de bataille.

«Notre histoire militaire s’est toujours passée dans le Nord de l’Europe depuis notre guerre civile. Pour apprendre de notre histoire et comprendre pourquoi tant des nôtres ont donné leur vie, c’est important pour nous de commémorer 14-18. Les arbres généalogiques grandissent. De plus en plus de descendants veulent marcher sur les pas de leurs aïeux, aller voir leurs tombes. L’intérêt est de plus en plus grand.»

Graeme Cooper en est persuadé: les touristes afflueront en masse en Wallonie dans les quatre années qui viennent. Du moins, dit-il, si l’infrastructure hôtelière suit. Et si la Wallonie parvient à «up-grader» le niveau de ses guides spécialisés dans ce genre de tourisme.

Une chose est sûre en en tout cas: la campagne de promotion sur le stand Wallonie-Bruxelles a Londres a particulièrement séduit les 50 000 visiteurs du WTM (dont la moitié de Britanniques) pour une simple raison: elle est basée sur l’humain et ses petites histoires qui font la grande. Et ça, les Anglais adorent.