Et pas n’importe quelle route  : celle qui mènerait au plein-emploi d’ici une dizaine d’années. Carrément.

Samedi, les discours des cérémonies officielles des fêtes de Wallonie à Namur avaient les accents d’une certaine investiture démocrate aux États-Unis, en 1961. Du genre  : ne demande pas ce que la Wallonie peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour la Wallonie.

Le plein-emploi en 2025 ?

Ça commence avec le président du Parlement wallon Patrick Dupriez, qui rappelle que la transition économique et écologique en cours ne se fera pas sans une plus grande participation citoyenne (lire par ailleurs dans ces pages). Tout en rappelant gravement que, «en Wallonie, un enfant sur 4 est menacé par la pauvreté» et qu’«un jeune sur 5 n’a pas d’emploi». Et ça continue avec le ministre-président Rudy Demotte, qui en appelle à l’adhésion des Wallons.

On lui a remis des dizaines de fois son «nationalisme» en bouche. Rudy Demotte n’y revient plus. Il a expliqué, remis dans le contexte, ajouté des virgules à l’histoire. Las.

Samedi, plutôt que se justifier une fois de plus, il a préféré redécaper le message initial  : «Je réaffirme sans la moindre hésitation l’importance d’une fierté wallonne, d’un élan civique, d’un attachement affectif à notre Wallonie.»

Se sentir wallon, «sans excès ni outrance», articule-t-il, pour porter ensemble un redéploiement qui pourrait ramener le plein-emploi d’ici à 2025. Ce n’est pas lui qui le dit, souligne-t-il. Ce sont les acteurs économiques et sociaux qui se fixent cet objectif.

La stratégie est en place, assure-t-il  : c’est le Plan Marshall 2022. Et dans la boîte à outils viendront bientôt s’ajouter les compétences transférées. Avant les élections de mai 2014, on peut encore, dit-il, engranger les décrets d’affectation et dessiner ces nouvelles politiques.

C’est pour ça qu’il veut mobiliser «sans délai» le GPS-W, le «Groupe des Partenaires Sociaux wallons, qui encadrera et dynamisera un dialogue social favorable au développement socio-économique de la Wallonie ». Deux priorités, sans surprise  : l’économie et l’emploi. Pour paraphraser Patrick Dupriez, c’est encore autre chose que de «régler la garde d’un couple de pandas géants ».