Frank Andriat aest professeur de français et auteur d’une trentaine de livres. Il vient de publier un pamphlet d’une centaine de pages découpé en dix commandements. Il y pourfend la politique d’enseignement menée depuis une vingtaine d’années en Belgique francophone.

«Il aurait peut-être été bon d’en nuancer certains passages, mais j’ai voulu lui conserver la colère qui l’a fait naître  », explique Frank Andriat.

Ci-après, dix phrases clés parmi des dizaines.

1. Résistance

«Il est urgent et bénéfique de s’indigner. Créons mille villages d’Astérix et résistons, résistons vaillamment ! Ne nous laissons plus détruire par les modes pédagogiques qui nous submergent.  »

2. Pédagogie

«Au maître, il n’est plus demandé de forger des caractères, de créer des humanités, mais d’entraîner des techniciens.  »

3. Échec

«Enseigner n’est pas un tour de magie où tout se termine bien comme dans un feuilleton américain. Enseigner, c’est se confronter à la vie avec ses ombres et ses lumières.  »

4. Méthodologie

«Se farcir le cerveau de mille connaissances ? Une aberration pédagogique !  »

5. Désintérêt

«Il est urgent de remettre les pendules à l’heure. Ce ne sont pas les pubs du ministère qui invitent les jeunes à s’engager dans le métier qui amélioreront la situation.  »

6. Malaise

«Il est salutaire et urgent de secouer le cocotier, de dire ce qui ne va pas, même si c’est mal vu.  »

7. Mixité sociale

«Madame la ministre peut se targuer d’avoir ouvert les écoles à tous ! En surface seulement.  »

8. Démotivation

« L’école est en panne de sens, en panne d’essence aussi, de saveur et plus personne n’y trouve plat à son goût.  »

9. Pénurie

«Aujourd’hui, l’Église est désertée et les écoles le seront bientôt. Plus de prêtres, plus de maîtres. La société perd les piliers qui la maintenaient.  »

10. Avenir

«En reconnaissant et en corrigeant les erreurs du passé sans l’éradiquer avec violence, revenons à une simplicité créatrice où chacun retrouvera un rôle dont il pourra être fier et qu’il sera libre de remplir, avec les moyens qui sont les siens.  »

+ «Pourquoi tant de venin ? L’école mérite mieux qu’un pamphlet  »... C’est la réaction de Marie-Martine Schyns, ministre de l’enseignement. À lire dans L’Avenir de ce samedi 24 août, ou sur iPad ou en format PDF (dès 6h)