Important accord budgétaire, nouvelle dynamique de concertation avec les Régions, compromis avec les partenaires sociaux à propos du statut ouvriers-employés, et, bien sûr, le suivi de l’arrivée imminente du nouveau Roi: la semaine a été riche pour le gouvernement d ’Elio Di Rupo. Du coup, le Premier ministre s’est laissé aller à une offensive de charme ce vendredi soir, apparaissant sur VTM, RTL-TVI, la RTBF et la VRT.

Alors que certains partis, surtout au nord du pays, souhaitent une modernisation de l’institution, voire son remplacement par une monarchie protocolaire, Di Rupo a souligné que «l’article de la Constitution» permettant de revoir le rôle de la monarchie n’a pas été ouvert à révision mais «on peut en parler en fin de législature». Il a rappelé qu’une révision de la Constitution ne peut s’opérer, le cas échéant, que durant la prochaine législature moyennant une majorité de deux tiers.

«J’écoute très attentivement ce qui se dit», a commenté Elio Di Rupo au JT de la RTBF, faisant une différence entre les partis «classiques» et la N-VA, un «parti séparatiste qui veut tout faire pour supprimer la monarchie et provoquer ainsi la fin du pays».

Di Rupo n’a pas apprécié que le président de la N-VA Bart De Wever fasse de l’ironie, jeudi soir à Anvers, devant des caméras de télévision, à propos de la monarchie. «Je ne suis pas parmi les personnes les plus royalistes», avait déclaré le bourgmestre d’Anvers avant de raconter qu’il avait dû laisser passer le prince Philippe la seule fois où il l’a croisé:

«On peut avoir son avis. Mais on ne se moque pas des institutions de notre pays. On ne dégrade pas les institutions, qui sont celles de tous les Belges», a réagi Di Rupo.

«Bien entendu», Bart De Wever est allé trop loin, a jugé le Premier ministre. Selon lui, la N-VA n’apprécie pas que le pays «retrouve son souffle», soit «apaisé», qu’il y ait une nouvelle «dynamique», avec le gouvernement, les patrons et les syndicats.

"Philippe a été très bien préparé"

Sur RTL, Elio Di Rupo est par ailleurs revenu sur les modalités du 21 juillet, précisant que les discussions étaient toujours en cours quant à l'éventuelle présence de souverains étrangers. Le Premier ministre a aussi répété avoir été "touché" par le discours d'Albert II et souligné que "son état de santé" dû à "son âge" étaient à l'origine de l'abdication.

Concernant Philippe, il s'est dit convaincu que le futur roi "a été très bien préparé pour agir dans l'intérêt des citoyens. Il aura son propre style. (...) C'est un très grand travailleur, capable d'établir des contacts chaleureux pour les entreprises."