«C’est l’automne dernier, lors de la mobilisation du secteur théâtral contre les coupes budgétaires d’aide à la création que nous avons dû constater que nous, les musiciens, sommes sous-représentés au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles.» C’est au nom du FACIR (prononcez Fakir), la Fédération des auteurs, compositeurs et interprètes réunis que s’exprime François Cronenberg. Un FACIR porté sur les fonds baptismaux le 13 février dernier et qui proposait, hier soir à Bruxelles, ses premiers «États généreux» (et non uniquement généraux ) de la musique. «Une date symboliquement choisie car c’est la veille du week-end de la fête de la musique.»

Le FACIR veut clairement représenter le secteur de la musique non-classique. «Il y a une grande différence, presqu’une fracture entre le monde des musiciens classiques et les autres. Même si, de plus en plus, on trouve également en musique classique des intermittents ou des contrats précaires.» Le FACIR s’est donné quelques grands objectifs : représenter le secteur, le fédérer, faire partie des conseils d’avis, veiller à la diversité culturelle dans les médias ou encore redonner à la culture son rôle de ciment de la société.

«Mais nous ne voulons pas le faire seuls contre tous et c’est pour cette raison que nous avons voulu ces états généreux. Nous y avons convié les acteurs du monde culturel. Nous leur parlerons de nous mais nous entendrons aussi ce qu’ils ont à nous dire, leurs propres problèmes. Nous pensons que si nous sommes plus et mieux diffusés par exemple, tout le monde en bénéficiera…»

Six thèmes ont été abordés lors de ces «États généreux». «Un premier forum thématique a fait le tour du paysage musical de la Fédération, du blues à la musique pour enfants en passant par l’électro ou encore la musique du monde.» Les autres forums étaient consacrés à la diffusion et la programmation des salles et festivals, la production discographique, la présence des artistes belges dans les médias, le statut du musicien et enfin la «mobilisation». «C’est le dernier thème abordé. Il s’agit de voir ce que nous pouvons faire ensemble et de bien montrer qu’il y a un potentiel dans le secteur. De s’interroger finalement sur la culture musicale que veut la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le Bruxellois ou le Wallon a-t-il encore envie de «sa» musique ou veut-il se contenter de ce qui vient d’ailleurs?»

FACIR compte bien ne pas se limiter à ces premiers «États généreux». «La prochaine fois, termine François Cronenberg, nous voudrions les organiser en Wallonie. Nous voulons vraiment rallier le maximum de membres. Défendre aussi, par exemple, la musique plus traditionnelle extrêmement présente et active dans le sud du pays.»

Avis à tous les musiciens.

www.facir.be