En s’intéressant au «Chemin de croix de Benoît XVI», Arte - qui propose ce soir un Thema sur les Hommes du Vatican – annonce vouloir révéler la face sombre de l’État pontifical. Autant l’avouer directement, on est loin du compte et il n’y a rien de véritablement sensationnel dans le documentaire proposé. Pour autant, cette enquête ne manque nullement d’intérêt et rend sans doute justice à un pape qui reste méconnu. Un homme qui a sans doute souffert de l’aura – et dans un certain sens des non-priorités – de son prédécesseur Jean-Paul II.

Ce documentaire suit le journaliste italien Gianluigi Nuzzi. C’est à lui que l’on doit le «Vatileaks» qui allait révéler grâce à des documents fournis par le majordome du pape, les luttes de pouvoir féroces au sein de la Curie romaine.

La thèse de Nuzzi dans le sillon des experts qu’il interroge est que, dès 2009, Benoît XVI aurait prévu de démissionner et, «libéré», se serait attaqué à des dossiers sulfureux que Jean-Paul II, très présent internationalement, n’aurait peut-être pas suffisamment pris en compte.

Parmi ces dossiers viennent en priorité le scandale des prêtres pédophiles et les pratiques mafieuses de l’IOR, la banque du Vatican. Le documentaire montre aussi comment Joseph Ratzinger, mal secondé par son Secrétaire d’État (l’équivalent d’un premier ministre) Tarcisio Bertone, va endosser la responsabilité de fautes et d’erreurs sans remettre en question le fonctionnement de l’Église. Une Église pourtant gangrenée par les rivalités internes. Des pratiques finalement révélées par le scandale du Vitileaks.

Arte, 20.50