Ça y est, le monde de la presse n’est plus exclusivement masculin, voire macho. L’étude réalisée par l’association des journalistes professionnels en collaboration avec le Centre d’études de l’opinion de l’ULg (CLEO) montre une féminisation progressive de la profession de journaliste. «L’évolution est assez lente, explique Jérôme Pieters, le sociologue à l’ULg, qui a analysé les résultats. Dans l’ensemble des journalistes, les femmes ne représentent encore que 31,4 %, mais on est quasiment à la moitié chez les moins de trente ans. Après dix ans, on perd déjà 15 % en dix ans. La profession ne permet pas facilement de concilier vie privée et vie professionnelle.»

Les chiffres en Belgique francophone sont proche de la Flandre (les femmes représentent 23,8 % de l’ensemble des journalistes), mais en dessous de la France, qui est 12 % au-dessus de nôtre territoire (43,8 %).

La presse quotidienne est moins féminine que ses confrères : avec 25,2 % de femmes, il est en dessous de la moyenne de la profession, tandis que la télévision publique est à 35,9 % et la presse hebdomadaire 36,5 %. La représentation des femmes dans la hiérarchie est à l’image de celle des femmes dans la profession : 74,3 % des hommes exercent une responsabilité contre 25,7 %. Mais la différence tend à s’amenuiser chez les générations plus jeunes… Et chez les responsables âgés de 31 à 40 ans, 40 % sont des femmes (alors qu’il n’y a que 36 % de femme dans cett tranche d’âge).

Plus à gauche que la moyenne

Les résultats des questions sur les opinions politiques n’ont pas surpris Jérôme Pieters : « Traditionnellement, les études en France et en Flandre montrent que les journalistes sont plus à gauche que la moyenne. C’est aussi le cas ici.» La surprise vient cependant du parti de gauche pour qui les journalistes ont voté : aux dernières élections, c’est Écolo qui a récolté le plus de suffrages de journalistes (46 %), devant le MR (21 %), le PS (15 %), le cdH (8 %) et le PTB (4 %). Mais il faut nuancer les chiffres. « De nombreux journalistes ont argumenté leur réponse, précisant par exemple qu’il s’agissait d’un choix par défaut, qu’ils gardent leurs distances ou que ça n’a aucune influence sur leur travail », note Martine Simonis, secrétaire générale AJP. Jérôme Pieters : «Les commentaires parlent d’un choix par défaut, faute de mieux. C’est un choix volatile : pourraient modifier leur intention de vote en fonction du contexte. Et surtout, ils expliquent que le fait de voter pour un parti n’influe en rien sur leur métier