Le cinéma français n’en finit plus de digérer les années 60, ainsi que le prouvait récemment encore François Ozon avec Potiche. Sans doute un petit air de nostalgie que rend plus prégnant encore une société gagnée par la crise, et un climat globalement à la dépression.

Assurément, si c’est votre cas, il ne faudra pas louper, dans le même contexte, Les femmes du 6e étage, que diffuse ce soir La Une dans le cadre d’une soirée thématique précisément dédiée aux femmes. Mais si 3 femmes en colère, le téléfilm librement inspiré du roman de Benoîte Groult La Touche étoile qui suivra, est tout à fait dispensable, il en va autrement du film de Philippe Le Guay, dont le petit dernier, Alceste à Bicyclette, est projeté en ce moment dans les salles.

Nous sommes, donc, dans les années 60. À Paris. Confortablement engoncé dans son existence de petit-bourgeois, Jean-Louis Joubert, un agent de change reconnu pour son sérieux, est aussi un père de famille heureux, doublé d’un mari honnête. Bref, le prototype d’une vie équilibrée. Oui, mais voilà : Jean-Louis… s’ennuie.

Aussi, l’apparition dans sa morne existence de Maria, une jeune femme de ménage qui travaille depuis peu sous son toit, va illuminer tout ça. Par sa simple présence, d’abord. Mais aussi, ensuite, par le biais de la diaspora hispanique à laquelle elle appartient. Car oui, Maria vit au sixième étage (d’où le titre, bien vu) du même immeuble avec une kyrielle de camarades – au féminin – elles aussi venues directement d’Espagne.

Une découverte en forme de feu d’artifice pour Jean-Louis, gagné, et le spectateur avec lui, par la joie de vivre, simple et colorée, de tout ce petit monde. Mais à travers lui, c’est à la bourgeoisie de l’époque, que ne tardera pas aussi à bousculer Mai 68, que s’attaque (grâce, il est vrai, à un Luchini sous contrôle, et donc génial) Philippe Le Guay.

Lequel s’offre le luxe d’également proposer une réflexion autour de l’immigration. Et du sort (la prison ou l’exil) imposé, dans ces années-là, aux opposants au régime dictatorial du général Franco dans la péninsule ibérique. Une vraie belle comédie avec, une fois n’est pas coutume, un vrai beau sujet. Ce n’est pas si courant.

La Une, 20.20 & 22.05